Œuvres artistiques

Alors que l’existence ancienne du Saint Suaire et son histoire antérieure au Moyen Âge demeurent discutées, les œuvres artistiques constituent autant d’indices à examiner.

Icônes, images anciennes, monnaies byzantines et illustrations de manuscrits peuvent éclairer les hypothèses relatives à l’existence et à la circulation antique et médiévale de la relique sacrée, depuis Édesse et Constantinople jusqu’à son apparition documentée en Occident. Plusieurs études mettent également en évidence l’influence iconographique qu’elle a pu exercer sur certaines représentations du Christ.

Les œuvres plus récentes, comme les enseignes de pèlerinage, les copies en tissu, les peintures, les fresques et les estampes, documentent quant à elles les étapes désormais mieux connues de son parcours historique, de Lirey à Chambéry, puis à Turin, ainsi que sa conservation, ses ostensions et l’évolution de sa représentation au fil des siècles.

Icônes & Images anciennes

Icônes et représentations anciennes du Christ

Dans l’art des premiers chrétiens, notamment à Rome, Jésus peut encore être représenté jeune, imberbe, aux cheveux courts ou bouclés. Le type du Christ barbu aux cheveux longs n’émerge que dans l’iconographie ultérieure, notamment byzantine. Certains chercheurs ont proposé que les caractéristiques précise du visage du Saint Suaire ait pu jouer un rôle dans cette évolution iconographique


Pièces de monnaie

À partir de l’époque byzantine, le visage du Christ apparaît également sur les pièces de monnaie impériales. Certaines émissions présentent un visage frontal, barbu et aux cheveux longs, proche du type qui devient alors dominant dans l’iconographie chrétienne.

Plusieurs auteurs comme Giulio Fanti ont comparé ces portraits monétaires au visage du Saint Suaire et se sont interrogés sur une possible influence commune ou sur l’existence d’un modèle iconographique antérieur.


Mandylion d’Édesse

Le Mandylion d’Édesse est l’une des plus célèbres images anciennes du visage du Christ. Certains chercheurs ont proposé de l’identifier au Saint Suaire lui-même, replié de manière à ne laisser apparaître que le visage.

Entre légende, textes anciens et histoire byzantine, arrivée en Europe, le dossier permet de suivre la formation progressive d’une image réputée « non faite de main d’homme ».

Codex de Pray

Le Codex Pray, manuscrit hongrois daté de 1192–1195, contient une représentation de la mise au tombeau du Christ présentant plusieurs détails : position du corps et des mains, pouces rétractés non visibles ( suite à lésion du nerf médian ), groupe de petits cercles disposés en L …

Ces ressemblances sont conformés à des détails précis spécifiques du Saint Suaire conduisant certains chercheurs à proposer que l’enlumineur ait connu, directement ou indirectement, la relique, sans doute des ostensions du Saint Suaire à Constantinople jusqu’en 1204.


La Sainte-Chapelle

Entre 1239 et 1241, Baudouin II de Courtenay, empereur latin de Constantinople et parent de Louis IX (Saint Louis), transmet au roi de France plusieurs grandes reliques de la Passion destinées au trésor de la Sainte-Chapelle. Parmi elles, les sources mentionnent notamment un énigmatique « Suaire ». Sans permettre de l’identifier au Saint Suaire de Turin, cette présence alimente l’hypothèse d’un possible transfert de reliques sindoniques de Constantinople vers la France au XIIIe siècle.


Les Templiers et le Saint Suaire

Dès les années 1970, Ian Wilson propose que le Saint Suaire ait pu être conservé secrètement par les Templiers après sa disparition de Constantinople en 1204. Dans les années 2000, Barbara Frale développera ensuite cette hypothèse à partir des archives du procès de l’ordre et la découverte d’autres documents convergents.

Un rapprochement intrigue particulièrement : Geoffroy de Charnay I er , proche de Jacques de Molay et brûlé avec lui en 1314, pourrait être le parent de Geoffroi de Charny III °, fondateur de la collégiale de Lirey où le Suaire apparaît quelques décennies plus tard.


Le visage de Templecombe

Le visage de Templecombe, découvert dans un ancien domaine templier en Angleterre, montre un homme barbu aux cheveux longs sur un panneau de bois daté au carbone 14 entre 1280 et 1440. Sa ressemblance avec le visage du Saint Suaire alimente la thèse d’une conservation de la relique sacrée par l’ordre des Templiers entre 1204 et 1357.


Enseigne de pèlerinage de Lirey

Vers 1357, une documentation largement consensuelle sur l’existence du Suaire à Lirey ( Champagne, France ) et sur sa vénération publique au Moyen Âge.

Cette enseigne de pèlerinage de Lirey représente le Suaire présenté par deux clercs, avec les silhouettes du corps de face et de dos et les armes des Charny et des Vergy, confirmant la documentation écrite.


Le Suaire en circulation au XVe siècle

Image Illustration générée par Intelligence Artificielle

Après Lirey, le Suaire est mis à l’abri en 1418 à Saint-Hippolyte, dans le Doubs, où il séjourne pendant plusieurs décennies. À partir de la fin des années 1440, Marguerite de Charny le fait de nouveau circuler, notamment vers le Hainaut et la Bourgogne, avant son passage à la maison de Savoie en 1453.

Les ostensions de cette période – qui n’ont produit aucune image conservée – précèdent l’apparition des premières copies textiles conservées, dont celle de Lierre, datée de 1516.


Copies en tissu

Les copies anciennes du Saint Suaire, notamment celles en tissu, ont circulé comme présents entre les Ducs de Savoie, les Papes et les Évêques. Leurs auteurs sont parfois inconnus ou mal connus, mais ces répliques témoignent de l’importance religieuse et politique de la relique, renforçant les liens entre pouvoir spirituel et temporel à travers l’histoire …


Peintures

Le Saint Suaire a souvent été peint par de nombreux artistes au cours des siècles.

Notre démarche vise à rassembler un ensemble d’œuvres représentatives et significatives qui attestent de l’histoire de la relique.

Ces peintures sont parfois très saisissantes pour certains détails et certaines précisions et éclairent la conservation du Saint Suaire.


Fresques

Fresques du Saint Suaire

Les fresques du Saint Suaire, réalisées dans des églises ou sur les façades de fervents croyants ayant assisté à l’ostension de la relique, témoignent de l’impact spirituel qu’elle a eu sur les communautés.

On les trouve notamment dans les Alpes et le Piémont, où elles reflètent la dévotion et l’histoire locale.

Crédit : Sisto Giriodi


Estampes

Les estampes du Saint Suaire, réalisées à une époque où les images religieuses étaient souvent produites par des artistes locaux, illustrent la dévotion des fidèles, mais aussi l’observation de la relique.

De nombreuses œuvres sont conservées dans les archives du Palais Royal de Turin, ainsi que dans les musées diocésains et chez des particuliers.


Recherches : ( En cours )

Le Saint Suaire dans le Catalogo Generale dei Beni Culturali italien

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