Peter Rinaldi

Father Peter M. Rinaldi,

Peter Rinaldi (1910-1993) est l’une des figures les plus influentes de la sindonologie, contribuant de manière déterminante à la reconnaissance du Suaire de Turin dans les cercles scientifiques et religieux.

Découverte du Saint Suaire :

Peter Rinaldi, né vers 1910 dans la petite ville de Lu Monferrato près de Turin, a eu une vie profondément marquée par sa foi et son dévouement au Suaire de Turin. Issu d’une famille nombreuse, avec cinq frères devenus prêtres, Rinaldi a été influencé par son grand-oncle, le Père Philippo Rinaldi, supérieur général des Salésiens. Après avoir été exposé au Suaire pour la première fois en 1925 alors qu’il servait comme enfant de chœur à la chapelle royale de Turin, son intérêt pour cette relique sacrée ne cessa de croître. (

Son engagement dans l’étude du Suaire commence en 1933 lors de l’Exposition du Suaire à Turin, organisée pour commémorer le 1900e anniversaire de la mort du Christ. À cette époque, Rinaldi, alors séminariste salésien à Turin, ressent une profonde connexion avec cette relique sacrée et obtient la permission de servir la messe deux fois par semaine devant le Suaire.

Le 24 septembre 1933, lors du dernier jour de l’exposition, un séminaire impromptu est organisé, réunissant des scientifiques de plusieurs nationalités venus examiner la relique, notamment Paul Vignon, Dr. Pierre Barbet, Antonio Tonelli, etc … Grâce à sa maîtrise de l’italien, de l’anglais et du français, Rinaldi est choisi pour jouer le rôle d’interprète. Cette rencontre fortuite avec le monde scientifique, centré sur l’étude du Suaire, marque le début de son intérêt pour la dimension scientifique de la relique. Rinaldi explique qu’il considérait initialement le Suaire comme une merveille religieuse, un miracle. Cependant, son interaction inattendue avec des experts scientifiques transforme cette vision, lui révélant que le Suaire pouvait devenir un point de rencontre entre la foi et la science. ( Rinaldi, 1974 )

Contributions à la Sindonologie.

L’une des premières grandes initiatives de Rinaldi est la publication d’un article en 1934 dans The Sign, un magazine catholique aux États-Unis. Ce texte suscite une réponse massive et inattendue du public, y compris de la part de non-catholiques. Il en résulte une avalanche de courriers de lecteurs désireux d’en savoir plus sur le Suaire, ainsi que des demandes de photographies de la relique.

Avec Edward Wuenschel, Peter Rinaldi joue ensuite un rôle clé dans la publication, en 1937, d’un article de Paul Vignon sur le Suaire dans Scientific American, contribuant ainsi à étendre l’intérêt scientifique pour cette relique. En 1941, son livre I Saw the Holy Shroud fut le premier ouvrage publié aux États-Unis sur ce sujet.

Toujours désireux de promouvoir l’étude scientifique du Suaire, Rinaldi joua un rôle clé dans la création de la Holy Shroud Guild en 1951, en partenariat avec le Père Wuenschel et le Père Otterbein.

En 1955, Rinaldi rencontre Umberto II de Savoie, l’ancien roi d’Italie et propriétaire du Suaire, pour discuter de la possibilité d’exposer la relique à des études scientifiques. L’émergence de la datation au carbone 14 ayant suscité l’intérêt pour une vérification scientifique.

Cette initiative participe à la formation d’une commission spéciale en 1969, et culmine avec l’exposition télévisée de 1973.

En 1974, Peter M. Rinaldi publie un second ouvrage Man in the Shroud pour explorer la signification du Suaire de Turin et son importance à la fois religieuse et scientifique.

En 1977, Peter Rinaldi est présent aux côtés de John Jackson et Eric Jumper à la conférence d’Albuquerque pour initier les études approfondies menées par le Shroud of Turin Research Project (STURP) en 1978.

John Heller expose le rôle précieux de Peter Rinaldi auprès du Saint Siège et de l’archevêque de Turin pour que les examens du STURP puissent se dérouler juste après un pèlerinage aussi massif que celui de 1978 selon le témoignage de Tom D’Muhala … ( John Heller, 1983 )

En 1981, Rinaldi a organisé une série de rencontres entre Adam Otterbein, représentant Holy Shroud Guild, John Jackson et Larry Schwalbe représentant le STURP. Le 9 mai 1981 , la délégation rencontre le Cardinal Ballestrero pour présenter les découvertes du STURP. ( Sindone, 2024, p 78-79 )

Au fil des décennies, Rinaldi consacre près de 60 ans de sa vie à l’étude du Suaire, alliant avec succès ses engagements religieux en tant que prêtre salésien et ses efforts pour promouvoir une approche scientifique de la relique.

Il a réagi pour s’interroger sur les résultats controversés du test au carbone 14 en 1988.

Promoteur du Saint Suaire :

L’une des contributions majeures de Rinaldi est sa capacité à saisir et exploiter cette convergence entre dévotion religieuse et méthode scientifique. Il comprend que la science, loin d’éclipser la foi, peut contribuer à une nouvelle synthèse entre raison et croyance, comme cela avait été fait par Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin avec les philosophies platoniciennes et aristotéliciennes. (  Josep Fernández Capo, 2021 )

Chronologie de Peter Rinaldi (1910–1993)

d’après Fernández Capo, J. (2021). Peter Rinaldi. BSTS Newsletter, (94), 6.

1910

  • Naissance de Peter Rinaldi à Turin (Italie).

24 septembre – octobre 1933

  • Ostension solennelle du Saint Suaire de Turin dans la cathédrale de Turin, à l’occasion du 1900ᵉ anniversaire de la mort du Christ.
  • Rinaldi, alors séminariste salésien, sert la messe à l’autel de l’ostension.
  • Événement fondateur : le dernier jour, il devient interprète improvisé (italien–anglais–français) lors d’un séminaire scientifique international sur le Suaire.
  • Découverte décisive : il prend conscience que le Suaire est devenu un objet d’investigation scientifique, et non plus seulement dévotionnel.

1933–1934

  • Décision de faire connaître cette nouvelle approche scientifique du Suaire au monde anglophone, en particulier aux États-Unis.
  • Rédaction d’un article de synthèse scientifique et historique.

1934

  • Publication de l’article « The Holy Shroud » dans la revue catholique américaine The Sign.
  • Succès considérable et inattendu : afflux massif de courrier, y compris de non-catholiques et de clercs protestants.
  • L’article marque la première percée de la sindonologie scientifique en Amérique du Nord.

1937

  • Rinaldi joue un rôle clé dans la publication d’un article sur le Suaire dans Scientific American.
  • Entrée officielle du Suaire dans le champ de la science grand public internationale.

1941

  • Publication du livre I Saw the Holy Shroud, ouvrage de vulgarisation scientifique et spirituelle.
  • Nouveau succès éditorial.

Années 1950

  • Rinaldi comprend que la vulgarisation ne suffit plus : il faut des examens directs du tissu.
  • Il engage une action personnelle auprès de Umberto II de Savoie, propriétaire du Suaire.
  • Accord de principe du roi pour des examens scientifiques, sous réserve de l’accord ecclésiastique.

1955

  • Premier contact officiel de Rinaldi avec Umberto II dans cette perspective.
  • Début d’un long processus menant à l’examen direct du Suaire.

1969

  • L’archevêque de Turin institue une commission scientifique officielle chargée d’examiner le Suaire.
  • Premier tournant expérimental institutionnel.

1973

  • Ostension télévisée du Suaire.
  • Premiers prélèvements matériels :
    • échantillon textile (Gilbert Raes),
    • poussières et pollens (Max Frei).

1976–1978

  • Constitution et travaux du STURP.
  • En 1978, après cinq semaines d’ostension publique, le Suaire est remis directement aux scientifiques pour une étude complète.
  • Apogée de la phase expérimentale de la sindonologie moderne, rendue possible par l’action de Rinaldi.

1986

  • Entretien majeur accordé à la revue Il Nostro Tempo.
  • Rinaldi évoque :
    • les limites potentielles de la datation au carbone 14,
    • sa crainte personnelle mais lucide face à une possible datation médiévale,
    • sa conviction que la valeur du Suaire dépasse la seule question de l’authenticité.

13 octobre 1988

  • Annonce officielle des résultats de la datation C14 (Oxford, Zurich, Arizona) concluant à une origine médiévale.
  • Choc majeur pour la sindonologie et début d’un black-out médiatique.
  • Rinaldi assiste, à la fin de sa vie, à la mise en discrédit publique de l’objet qu’il a servi pendant plus d’un demi-siècle.

1993

  • Décès de Peter Rinaldi, à l’âge de 82 ans.
  • Peu après :
    • dispersion de ses archives sindonologiques,
    • dissolution du STURP (1996).

Références :

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