
Pierre Barbet (1883–1961) est un médecin français, élève du Dr Paul Michaux, chirurgien en chef à l’hôpital Saint-Joseph de Paris. Dès 1937, il est membre du Comité de Direction des Cultores Sanctae Sindonis ( Section Française )
Ce médecin catholique a consacré une grande partie de sa carrière à tenter d’expliquer les causes du décès par crucifiement et de démontrer l’authenticité du suaire de Turin.
Etude médicale novatrice :
En 1931 et 1933, il assiste à l’ostension du Saint Suaire à Turin aux côtés de Paul Vignon. Peu de temps après, il commence une longue série de tests médicaux sur des cadavres et des bras amputés pour comprendre notamment comment est mort l’homme du linceul de Turin.
Il publie dès 1937 une étude intitulée « Les cinq plaies du Christ » , une étude anatomique et expérimentale qui propose une explication médico-légale pour interpréter les traces matérielles du Saint Suaire et notamment les tâches de sang observées.
En 1950, il développe ses analyses dans un ouvrage plus conséquence, à savoir La passion de N.-S. Jésus-Christ selon le chirurgien . Pour présenter ses travaux, le 3 mai 1950, il prend la parole au l er Congres International d’étude sur le Saint Suaire, dans la Section Romaine du Congrés au Palais de la Chancellerie Apostolique, et présenté par le Professeur Luigi Gedda, vice-président du Congrés avec un article majeur » La preuve de l’authenticité du Suaire dans ses tâches de sang« .
Observations médico-légales :
Le Dr Pierre Barbet explique notamment que le cloutage des mains du crucifié se faisait dans le poignet dans l’espace de Destot et pour les pieds dans ce qui sera identifié comme l’espace de Mérat (entre le 3e cunéiforme, le 2e cunéiforme et l’os naviculaire)
Dans le poignet le clou ne créait aucun dégât osseux ou vasculaire mais lésait le nerf médian, lésion qui entraîne une adduction du pouce qui vient se mettre dans la paume de la main, ce qui explique le repliement des pouces et donc l’impossibilité de les observer sur le linceul de Turin 1.
Il effectue également des recherches à partir de la publication du sindonologue Antoine Legrand 2 . Celui-ci avait recueilli le témoignage de deux rescapés du camp de Dachau, qui relataient les expériences de crucifiement infligées par des médecins nazis à des prisonniers juifs vivants. Cette étude conclut que la cause de la mort par crucifixion provient d’une asphyxie progressive entraînant des complications mortelles. Cette hypothèse est admise par tous les anatomistes même si elle a pu être rarement réfutée comme par le médecin légiste Frederick Zugibe 3
Publications :
- Barbet, P. (1937) Les Cinq Plaies du Christ, Procure du Carmel de l’Action de Graces
- plaies des mains : 9 à 21
- plaies des pieds : 22 à 26
- Barbet, P. (1943, avril). La passion corporelle de Jésus [Numéro spécial]. Le Purgatoire, revue mensuelle. Archiconfrérie de Notre-Dame du Sacré-Cœur à Issoudun.
- Barbet, P. (1944). Les cinq plaies du Christ : Étude anatomique et expérimentale. Éditions Dillen.
- Barbet, P. (1950) La passion de N.-S. Jésus-Christ selon le chirurgien, édition Dillen
- plaies des mains : 137 à 160
- plaies des pieds : 161 à 170
- Barbet, P. (1950) La preuve de l’authenticité du Suaire dans ses tâches de sang Congres International d’étude sur le Saint Suaire,
Bibliographie :
- Barbet, P. ( 1926 ) Le Docteur Paul Michaux, Éditions Spes, 1926
- Antoine Legrand, (1952) « Du Gibet du Golgotha à ceux de Dachau », Médecine et laboratoire, no 19, décembre 1952, p. 391-393.
- Ian Wilson, ( 1986 ) The Mysterious Shroud, Doubleday, 1986, p. 22
- Frederick T. Zugibe (2005) , The Crucifixion of Jesus : A Forensic Inquiry, Rowman & Littlefield, 2005, p. 81.