Pietro Caramello

Pietro Caramello, prêtre et philosophe italien, joue un rôle essentiel dans le contexte du Suaire de Turin en tant que membre de la commission Pellegrino ( I et II ) , établies par le cardinal Michele Pellegrino pour encadrer les recherches sur le Saint Suaire

1. Parcours académique et ecclésiastique

Pietro Caramello est né le 6 septembre 1908 à Turin. Dès son jeune âge, il se distingue par sa vocation religieuse et son érudition. Après des études au lycée classique Gioberti de Turin, il entre au séminaire et est ordonné prêtre en 1926 grâce à une dispense papale, étant encore très jeune pour ce parcours. Caramello poursuit ensuite des études supérieures en théologie, obtenant son diplôme de la Faculté de Théologie de Turin en 1930. En 1933, il complète également une licence en philosophie à l’Université de Turin, marquant le début de sa carrière universitaire et de ses recherches en philosophie (Marinelli, 2000).

En 1931, Caramello devient professeur de philosophie systématique au séminaire archiépiscopal de Chieri, où il enseigne les fondements philosophiques et théologiques du catholicisme. Puis, de 1968 à 1993, il enseigne la philosophie théorique à la faculté de théologie de Turin. Profondément influencé par saint Thomas d’Aquin, dont il est un grand érudit, il publie plusieurs éditions de ses œuvres, y compris une édition notable de la Somme théologique. Il reçoit également le titre honorifique de Monseigneur pour ses contributions à la pensée catholique (Guerriero, 2003).

2. Contribution à l’étude du Saint Suaire

a. Membre de la commission Pellegrino

Pietro Caramello – 1973

Caramello est désigné membre de la commission Pellegrino de 1969 et de à celle de 1973, un groupe d’experts constitué par le cardinal Michele Pellegrino pour superviser les recherches sur le Suaire de Turin. Son rôle au sein de la commission inclut la gestion des relations entre chercheurs, l’Église, et les autorités, tout en veillant à ce que les analyses respectent la sacralité du Suaire (Baima Bollone, 1998).

b. Supervision des études et prélèvements

Caramello contribue à l’organisation d’études scientifiques rigoureuses, permettant pour la première fois une approche scientifique sur le Suaire de Turin. En 1973, lors de la célèbre exposition du Suaire, Caramello supervise, avec d’autres prélats, les prélèvements de tissus réalisés. Ces échantillons sont étudiés dans plusieurs domaines (textile, structure, hématologie) par des spécialistes, notamment Gilbert Raes pour les analyses textiles et des experts en médecine légale comme Giorgio Frache, qui examine les traces d’hématologie pour mieux comprendre l’origine des marques sanglantes sur le Suaire (Barcaccia et al., 2015).

c. Gardien du Suaire

En tant que Gardien du Suaire jusqu’à la révision du Concordat en 1984, Caramello se voit confier la responsabilité de veiller à la conservation de cette relique emblématique. Il s’assure que les prélèvements et les recherches effectués sur le Suaire soient documentés et conformes aux exigences de conservation, en suivant des protocoles stricts pour préserver l’intégrité de la relique. Son rôle inclut la gestion des expositions publiques et la coordination avec des experts pour examiner les zones les plus appropriées à analyser sans altérer le Suaire (Rinaldi, 1984; Bracaglia, 2019).

3. Impact et héritage

L’engagement de Pietro Caramello dans la gestion du Suaire, tant comme philosophe que comme prêtre, contribue grandement à établir des normes de rigueur dans l’étude des reliques chrétiennes. Il incarne l’équilibre entre foi et science, promouvant une approche ouverte mais respectueuse de la tradition chrétienne. Ses travaux académiques et son implication dans la commission Pellegrino ont influencé les recherches sur le Suaire bien après sa mort, le 13 mai 1997.

Bibliographie

  • Baima Bollone, P. L. (1998). Sindone e scienza: tra fede, storia e medicina. Mondadori.
  • Barcaccia, G., Galla, G., Achilli, A., Olivieri, A., Semino, O., & Torroni, A. (2015). Uncovering the sources of DNA found on the Turin Shroud. Scientific Reports, 5(1), 1-7.
  • Guerriero, E. (2003). Il cardinale Michele Pellegrino: un cristiano, un vescovo, un uomo. Edizioni San Paolo.
  • Marinelli, E. (2000). La Sindone, un’immagine « impossibile »: storia, scienza e fede sul mistero del lenzuolo di Gesù. Edizioni Segno.

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