Proposition de Stephen Jones pour dater les pollens au carbone 14

Dans sa proposition publiée en 2007, Stephen E. Jones suggère une méthode alternative pour déterminer l’âge du Saint Suaire en utilisant la datation au radiocarbone appliquée non pas au tissu lui-même, mais au pollen trouvé sur le linceul. Voici les points principaux de sa proposition et les étapes qu’il recommande :

  1. Contexte et Raison de la Proposition : La datation au radiocarbone du lin du Suaire a mené à des résultats controversés, situant son origine au XIVe siècle. Jones propose d’appliquer cette méthode de datation au pollen trouvé sur le Suaire pour surmonter certaines limites de la datation du tissu, comme la porosité de la fibre de lin et sa susceptibilité à la contamination par des microorganismes.
  2. Avantages de la Datation du Pollen : Le pollen est moins poreux et plus résistant aux contaminations et dégradations que le lin, notamment grâce à son exine riche en sporopollénine, une substance résistante. De plus, le pollen contient plus de carbone que le lin, ce qui permet de dater des grains individuels de manière précise. Le pollen peut aussi fournir des informations géographiques uniques en fonction de son espèce et de sa provenance.
  3. Preuves Potentielles du Trajet du Suaire : Jones note que la datation du pollen pourrait confirmer ou réfuter certaines théories concernant le parcours historique du Suaire. Par exemple :
    • Si les pollens d’Israël datent du 1er siècle, cela pourrait confirmer l’origine du Suaire dans la région de Jérusalem.
    • Les pollens de Turquie pourraient indiquer une présence du Suaire en Asie Mineure aux premiers siècles.
    • Les pollens européens pourraient correspondre aux périodes de déplacement en France et en Italie.
  4. Hypothèses à Tester : Cette méthode permettrait de tester différentes théories sur l’origine et l’âge du Suaire, telles que :
    • La théorie du Suaire d’Édesse, qui associe le Suaire au Mandylion byzantin.
    • La théorie de la résurrection, qui postule que l’image sur le Suaire pourrait résulter d’une émission de radiations nucléaires durant la résurrection de Jésus, rajeunissant potentiellement l’âge des pollens et du tissu.
  5. Directives et Protocole de Datation : Jones recommande des protocoles stricts pour éviter les erreurs de la datation initiale du lin en 1988. Il propose notamment :
    • Une datation « aveugle » pour éviter les biais conscients ou inconscients.
    • L’exclusion des laboratoires ayant participé aux datations controversées précédentes.
    • Une publication rigoureuse des résultats dans une revue scientifique.
  6. Stratégie Proposée : Jones suggère de commencer avec une espèce de pollen bien identifiée, le Gundelia tournefortii, abondante dans les échantillons de Frei et caractéristique d’une région couvrant Israël et la Turquie. Cela permettrait de tester l’hypothèse de Ian Wilson reliant le Mandylion d’Édesse au Suaire de Turin.

Bibliographie

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