La copie est conservée dans la Cathédrale de Puebla de los Ángeles, située à Puebla, Mexique.

Plus précisément, elle se trouve dans la chapelle du Saint Crucifix de la cathédrale, un lieu central de vénération pour cette œuvre.
Description
Les dimensions approximatives sont 441 cm x 113 cm (Amador Marrero, P.F. ; Diaz Cayeros , P. 2015)
À noter que la peinture ne montre pas les traces des brûlures de l’incendie de 1532, soulignant une fidélité à l’image de l’original avant cet événement.
La partie en tissu est de grand format, réalisée sur un tissu de lin fin, probablement un taffetas. L’artiste anonyme a utilisé une technique de peinture à tempera, qui se distingue par des couleurs riches et intenses.
La peinture représente l’Ostentation du Saint-Suaire, montrant trois prélats (probablement des évêques ou archevêques) revêtus d’habits pontificaux, en train de déployer le Saint-Suaire au-dessus d’une balustrade, en présence de divers assistants et membres de la cour.

Un détail unique est la présence du duc Charles-Emmanuel I de Savoie ( 1562 – 1630) au centre de la scène, identifiable par ses traits distinctifs, sa barbe et son costume, ainsi que par une médaille avec une scène de l’Annonciation, typique des régents de la Maison de Savoie.
Le cadre architectural de la scène représentée rappelle les ostentations qui avaient lieu à Turin, bien que la structure dans laquelle elle est montrée soit plus simple et dépouillée.
Inscription :

L’inscription en latin est « Extractum ab originali Taurini » (copié de l’original de Turin) ainsi que la date « Die 8 Apri 1594 » ( le 8 avril 1594 )
Historique
La copie a été réalisée en 1594 (ou avant ) et commandée par Benito Bocardo, un riche commerçant italien établi à Atlixco, près de Puebla.
L’œuvre a été amenée à la cathédrale de Puebla en 1595, après avoir été touchée au Saint-Suaire de Turin. Elle fut offerte à la cathédrale grâce à l’insistance de l’évêque de Puebla, en échange de privilèges pour la famille du donateur, dont un espace de sépulture dans l’église et une place d’honneur lors des offices.
La peinture a connu plusieurs périodes d’exposition, notamment lors des cérémonies du Jeudi Saint, où elle était dévoilée pour la vénération des fidèles.
Études récentes
Les premières études sérieuses sur cette copie datent du début du XXe siècle. Mais ce qui nous a renseigné sont essentiellement les recherches les plus récentes publiées en 2015 par des chercheurs de l’UNAM ( Universidad Nacional Autónoma de México), Pablo F. Amador Marrero et Patricia Díaz Cayeros dans le cadre d’une étude sur le patrimoine artistique de la cathédrale de Puebla, initié depuis l’exposition de 2013-2014.
Ces recherches ont mis en lumière l’importance historique de cette peinture en tant que relique touchée à l’original de Turin, ainsi que ses particularités iconographiques.
Le travail nous a renseigné sur les sources en exposant les erreurs historiographiques des siècles passés, notamment l’attribution erronée du don de la peinture à d’autres figures ecclésiastiques comme don Pedro Pacheco.
Historiographie :
L’histoire de la copie a fait l’objet de nombreuses confusions par le passé, attribuant la commande de cette toile au chanoine don Pedro Pacheco, mais par des auteurs déclarant également que la toile était de 1609 !
» Le premier auteur à mentionner Benito Bocardo fut le chanoine de la cathédrale de Puebla, Florencio M. Álvarez (1925, pp. 156-157). Dans la section dédiée à l’évêque Diego Romano, il affirme que le 28 avril 1595, ce résident de la ville de Puebla fit don à la cathédrale de la relique du Saint-Suaire, qui fut ensuite placée dans la chapelle du Saint-Crucifix.
Plus tard, Efraín Castro (1970, p. 56) fournit des informations issues des Actes de Cabildo et mentionne l’arrivée de l’œuvre à Puebla. Finalement, au milieu de la décennie passée, et presque simultanément, Jesús Joel Peña Espinosa (2005, pp. 357-358) et Fernando E. Rodríguez-Miaja (Sotos Serrano et Ángeles Jiménez, 2007, pp. 120-122 et 132-136) apportèrent d’autres éléments avec des documents fondamentaux permettant enfin de clarifier l’origine de l’œuvre. «(Amador Marrero, P.F. ; Diaz Cayeros , P. 2015)
Références :
- Álvarez, F. M. (1925). Reseña Histórica. Episcopologio Angelopolitano. México, Imprenta La Enseñanza Objetiva.
- Castro Morales, E. (1970). La catedral vieja de Puebla. In Estudios y documentos de la región de Puebla-Tlaxcala (Vol. II, pp. 29-68). Puebla de los Ángeles, Universidad Autónoma de Puebla, Instituto Poblano de Antropología e Historia.
- Peña Espinosa, J. J. (2005). El culto a las reliquias en la Puebla del siglo XVI: Manifestaciones locales e influencias europeas. In A. Sánchez Flores (Comp.), Memorias XVIII Encuentro Nacional de Investigadores del Pensamiento Novohispano (pp. 353-360). México, Universidad Autónoma de San Luis Potosí.
- Sotos Serrano, C., & Ángeles Jiménez, P. (Comps.). (2007). Cuerpo de documentos y bibliografía para el estudio de la pintura en la Nueva España, 1543-1623. México, Instituto de Investigaciones Estéticas, Universidad Nacional Autónoma de México.
- Amador Marrero, P.F. ; Diaz Cayeros , P. ( 2015) “Lo Oculto y Lo Visible: El Santo Sudario De La Catedral De Puebla De Los Ángeles, México.” Imago, 2015, 73–86.
- Amador Marrero, P. (2015-2016). Puebla Nazarena. México, Instituto de Investigaciones Estéticas, Universidad Nacional Autónoma de México.
- Amador Marrero, P. F., & Díaz Cayeros, P. (2015). Lo oculto y lo visible: El Santo Sudario de la Catedral de Puebla de los Ángeles, México. Dans R. García Mahíques & S. Doménech García (Éds.), Valor discursivo del cuerpo en el Barroco Hispánico (Anejos de Imago. Revista de Emblemática y Cultura Visual, nº 4, pp. 73–86). Universitat de València.