Recherches et expériences
sur la genèse des empreintes du Saint Suaire
1939
Numérisation Sylvain Bourgois



Transcription :
notes : simples, celle l’auteur, sinon notes traducteur. (N.d.T.)
Recherches et expériences
sur la genèse des empreintes du Saint Suaire
Le fait de reprendre l’étude de l’image du Christ laissée « sur un suaire pur » 1 pourrait sembler présomptueux et audacieux, étant donné que des scientifiques de tous temps et de tous pays en ont déjà écrit avec plus d’éloquence et de profondeur doctrinale. Cependant, je suis convaincu que la présomption et l’audace doivent céder lorsque le courage est motivé par le but auquel nous aspirons : l’étude de la plus grande relique de la chrétienté.
La résolution d’un quelconque problème, il faut en convenir, ne peut satisfaire l’esprit humain tant qu’elle n’apparaît pas à la majorité comme une solution intégrale et totale. Or, ce n’est justement pas encore le cas de la solution du problème des empreintes laissées par le Christ sur le Saint Linceul de Turin. Même avec mes recherches, menées avec rigueur et objectivité, je n’ai pas prétendu avoir résolu définitivement tous les débats, éteint toutes les objections, ni cherché à anéantir le travail d’autrui, travail qui, au contraire, m’a servi de guide et m’a été d’une grande aide.
Je tiens également à préciser que, pour avoir concentré mes observations et vues personnelles sur un horizon déterminé, pas toujours dégagé des brumes des hypothèses, je ne polémiquerai ni ne critiquerai les autres, laissant cette tâche à l’analyse sereine des spécialistes et des érudits réunis ici.
Avant de m’engager dans la démonstration des expériences menées pour obtenir des empreintes, sinon parfaitement identiques, du moins proches de celles que nous voyons sur le Saint Suaire, permettez-moi de reconstituer, selon mon point de vue, la mise au tombeau du Christ telle qu’elle a probablement eu lieu, car il n’est possible de montrer des empreintes quelconques que si elles ont été obtenues en reproduisant ce que Joseph et Nicodème ont vraisemblablement fait pour ensevelir le Christ.
[ Les rites funéraires et le sabbat ]
Le corps de Jésus, selon la coutume romaine, aurait dû rester suspendu à la croix jusqu’à ce que l’air, les oiseaux et la putréfaction l’aient consumé 2. Cependant, un disciple secret de Jésus, Joseph d’Arimathie, membre du Sanhédrin et homme de grande fortune, s’empresse d’aller trouver Pilate pour demander le corps afin de lui donner une sépulture convenable, dictée non seulement par l’affection mais aussi par la loi. C’est l’heure des pusillanimes, écrit Mauriac, ceux qui n’avaient pas osé avouer leur foi en Christ vivant, mais qui se pressent de le voir en secret maintenant qu’il est mort, témoignent d’une plus grande foi et tendresse que ceux qui se dispersèrent après l’avoir proclamé en paroles. 3
Joseph agit dans l’urgence, car il ne reste que trois heures avant le début des interdictions sabbatiques. Pilate, surpris d’apprendre que le supplicié est déjà mort, envoie vérifier cette information auprès du centurion et, conformément à la loi romaine, accorde sans délai la dépouille à ce notable qui en fait la demande. 4 Non loin du prétoire se trouve le Golgotha, à une demi-heure de marche. Joseph, aidé par Nicodème, lui aussi membre du Sanhédrin, détache la victime de la croix avec soin.
Selon la loi juive, les corps des condamnés ne pouvaient pas être exposés pendant le sabbat. Joseph et Nicodème, obéissant à la fois à leur élan du cœur et à la loi de Moïse, procèdent à l’ensevelissement, conformément à l’injonction biblique : « Quand un homme aura commis un péché punissable de mort et sera pendu au gibet, son cadavre ne restera pas sur le bois pendant la nuit, mais sera enterré le jour même. » 5 Cependant, cette loi n’interdit pas que le supplicié soit honoré d’une sépulture décente, car : [ traduction de la citation latine ] « la coutume juive était de rendre hommage aux hommes éminents en les ensevelissant avec beaucoup d’aromates pour préserver leurs corps de la corruption. » 6
Avant d’entamer cette cérémonie funèbre, les deux hommes se procurent tout ce qui est nécessaire pour le rite de la mise au tombeau et pour l’embaumement rituel, « selon la coutume des Hébreux. » car [ traduction de la citation latine ] « Joseph et Nicodème, étant de riches personnages influents, décident de faire pour le Christ, qu’ils croient un homme remarquable, une sépulture somptueuse et honorable. » 7
Peu de choses sont nécessaires pour accomplir ce devoir, et c’est Nicodème lui-même qui les rassemble : un suaire blanc, des aromates, peut-être de l’eau, de l’aloès, de la myrrhe et des bandelettes. Tous ces ingrédients sont mentionnés dans les Évangiles et tous s’accordent pour évoquer une sépulture, bien que précipitée, mais convenable et, en tout cas, comme le dit Braun 8, définitive. Quelle magnifique et précieuse concordance en ce point entre eux !
Les voix, comme cela a bien été dit, sont diverses mais s’accordent en un seul chant ! Jean omet certains détails déjà efficacement mentionnés par d’autres, mais il en ajoute d’autres, fort précieux pour nous, notamment les aromates dont il précise la quantité.
De plus, il témoigne encore davantage de la mort du Christ, après le coup de lance au cœur, en ajoutant que Jésus est également enseveli selon la coutume des Juifs.
Ainsi, il affirme brièvement mais explicitement que rien n’a été omis de ce qui convenait à un mort, et à un tel mort, afin que : « Lui qui était mort dans l’ignominie, fût enseveli dans l’honneur »9
[ Les rites funéraires juifs ]
Comment les Juifs enterraient ils leurs morts ?
Eux, qui avaient longtemps séjourné en terre égyptienne, avaient sûrement appris des Égyptiens l’art d’embaumer et l’avaient adapté à leur manière, de façon plus ou moins complète 10. Dans la Genèse, il est raconté que Joseph « ordonna à ses médecins d’embaumer son père avec des aromates et qu’ils prirent quarante jours, selon la coutume pour les corps embaumés. » 11 Après quarante jours, la momie fut transportée solennellement en terre de Canaan dans la grotte de Makpela, où elle repose encore.
De retour en Palestine avec Moïse, les Hébreux n’ont pas continué les pratiques d’embaumement apprises en Égypte. Ils se sont contentés de protéger le corps de la putréfaction par des pratiques essentiellement externes. Ainsi, dans les Chroniques, il est raconté que le roi Asa fut enterré dans le tombeau qu’il s’était creusé dans la cité de David : « ils le posèrent sur son lit, rempli d’aromates et d’onguents très raffinés, préparés selon l’art des parfumeurs, et ils en brûlèrent avec grande pompe pour lui. » 12
Les Égyptiens, comme le rapporte Michaelis, plaçaient des aromates à l’intérieur des corps ; les Juifs, qui procédaient à l’enterrement le jour même de la mort, se contentaient de poser les parfums à l’extérieur et sur tout le corps. La dépouille était étendue sur une pierre ou une planche et lavée à l’eau chaude selon un rituel prescrit par la loi. 13 Ensuite, elle était enduite de substances pour en retarder la décomposition, puis enveloppée dans un suaire, suivi d’un bandage sommaire. 14 On versait ensuite des aromates et des onguents sur le corps et brûlait des parfums. 15
Il est facile de comprendre qu’avec un embaumement de ce type, les corps, notamment en Palestine, ne pouvaient pas se conserver longtemps, mais seulement pour la durée, en général très courte 16, nécessaire pour les funérailles ou le transport vers des lieux éloignés, de manière à ne pas dégager les odeurs désagréables de la putréfaction. Cela explique également pourquoi des aromates, onguents et parfums en grande quantité étaient utilisés pour les notables, les riches et les personnes de distinction. Ainsi, Flavius Josèphe dans les Antiquités Juives raconte que pour les funérailles d’Hérode, cinq cents serviteurs portaient divers parfums et aromates. Dans la Guerre des Juifs, il confirme que cinq cents serviteurs et affranchis portaient des substances odorantes. 17
Comme on l’a vu, l’embaumement était plus un rituel funéraire exécuté avec plus ou moins d’abondance d’aromates traditionnels qu’un véritable embaumement.
[ les substances aromatiques ] :
Quelles étaient ces substances aromatiques ?
Il n’est pas ici question d’énumérer toutes ces substances, certaines aromatiques, d’autres non, mais presque toutes étaient des résines aux propriétés antiputrides et parfumées.
Concentrons-nous sur celles mentionnées par l’Évangéliste : l’aloès, la myrrhe, et enfin les aromates.

ALOÈS.
C’était l’une des drogues parfois utilisée pour l’embaumement. On a longuement débattu pour savoir si l’Évangéliste faisait ici référence au bois d’aloès parfumé, à l’aloès socotrine ou à une autre espèce. Sans entrer dans la controverse, je m’accorde avec Vignon, qui a résolu brillamment et avec une rare compétence le problème : il s’agit, selon lui, de l’aloès médicinal 18, une plante qui pousse en Inde et en Asie 19 . Dioscoride écrit à son sujet : « elle est d’un goût très amer, d’une odeur forte, peu utile pour extraire du suc, mais excellente pour guérir les plaies (antiputride) lorsqu’on l’applique sur les blessures ; elle a la propriété de sécher, de raffermir les corps et de cicatriser les ulcères. » Mesué 20
, Avicenne 21 et d’autres affirment que l’aloès préserve les cadavres de la décomposition, surtout lorsqu’elle est associée à la myrrhe.

MYRRHE.
C’est une résine qui s’écoule du Balsamodendron myrrha et qui possède à peu près les mêmes propriétés antiputrides que l’aloès. En plus d’être utilisée comme substance antiputréfactive, elle entrait aussi dans la composition des onguents et des parfums brûlés lors du rituel funéraire.
LES AROMATES.
L’Évangéliste rapporte : « Ils l’enveloppèrent de bandelettes avec les aromates. » [ Ἐνέτυλιξαν αὐτὸν ἐν ὀθονίοις μετὰ τῶν ἀρωμάτων.] 22 Que désignaient ces aromates ? Sous le nom d’aromates, on considérait dans l’Antiquité diverses substances telles que : résines, bois odorants, huiles parfumées, etc. Les résines connues et utilisées pour l’embaumement étaient nombreuses, tout comme les huiles et parfums que les Hébreux connaissaient et avaient sans doute importés d’Égypte. Salomon 23 mentionne les plantes, du cèdre du Liban à l’hysope qui pousse sur les murs. Moïse, dans l’Exode, enseigne comment préparer les parfums selon l’art. L’usage des aromates et des parfums était si répandu et commun à Jérusalem qu’à l’ouest de la ville se trouvait la forêt de Hareth, attenante au désert de Ziph, où David s’était réfugié avec les siens ; elle était riche en plantes balsamiques et odorantes, tout comme la forêt de Jabès au-delà du Jourdain, celle de Béthel, etc. 24.
Pour l’embaumement, on utilisait, outre la myrrhe, le storax, la résine de pin, de sapin, de mélèze, le santal, la résine de benjoin, l’ambre, le styrax, etc.
Si certains de ces aromates étaient en partie utilisés sous forme de poudre, comme la myrrhe, d’autres étaient employés sous forme d’oléolites, c’est-à-dire d’huile d’olive dans laquelle étaient dissoutes en abondance les huiles essentielles de ces résines.
La distillation des huiles essentielles n’était pas connue avant le Christ ; les anciens obtenaient des produits riches en huiles essentielles en infusant à froid ou à chaud les substances odorantes dans l’huile d’olive. Bien que certains, en se basant sur un passage d’Aristote d’interprétation incertaine, supposent que les anciens aient eu une connaissance rudimentaire de la distillation, il n’existe aucun document, dessin ou illustration pour étayer cette hypothèse. L’affirmation de Wedelius selon laquelle Moïse connaissait l’art de la distillation est jugée très audacieuse par la plupart des chercheurs. Ce n’est qu’au IIIe siècle après J.-C., dans un manuscrit de Zosime de Panopolis sur les Fourneaux et l’eau divine, que l’on trouve des mentions d’un processus de distillation. Il faudra attendre les XIIe et XIIIe siècles pour voir apparaître les méthodes de distillation proprement dites. 25
Quoi qu’il en soit, même si les huiles essentielles distillées n’étaient pas utilisées pour l’embaumement, on employait des huiles dans lesquelles ces huiles essentielles étaient abondamment dissoutes. Leur action antifermentative et antiputride ainsi que leur agréable odeur servaient parfaitement à la préservation des corps.
« …des onguents, et que les onguents étaient tout autre chose et composés avec des aromates, ce qui est clairement exprimé à plusieurs reprises dans l’Exode. Pour en fournir une preuve suffisante, je mentionnerai la composition de l’huile d’onction 26 : « Et le Seigneur parla encore à Moïse et dit : “Prends ces aromates : cinq cents sicles de myrrhe pure, deux cent cinquante sicles de cinnamome, également deux cent cinquante sicles de canne odorante, cinq cents sicles de casse, selon le poids du sanctuaire, et un hin d’huile d’olive ; et tu en feras l’huile sainte d’onction, un onguent composé selon l’art du parfumeur.” » Ce sont des onguents de cette nature, avec d’autres aromates, que les femmes apporteront le troisième jour pour compléter l’ensevelissement, des onguents semblables à celui que Marie avait préparé à Béthanie et qu’elle avait versé sur les pieds de Jésus, puisqu’il ne lui serait pas donné d’accomplir un tel rite d’amour après sa mort.
[ La tombe de Jésus ]
Suivons maintenant le triste cortège qui transporte la Victime sur le court trajet du Golgotha au sépulcre taillé dans la roche. Il est encore opportun de noter ici que le Christ est placé dans une tombe nouvelle 27 et jamais occupée auparavant, conformément à ce que la loi prescrivait pour les condamnés. Toutefois, le sépulcre était un tombeau familial, comme il était d’usage pour les personnes honorées et riches, afin que s’accomplisse ici encore la prophétie d’Isaïe : « Il a été avec le riche dans sa mort » 28.
En effet, seules les personnes de quelque fortune étaient enterrées dans les tombes de leurs ancêtres 29 ; les cadavres des autres étaient portés « dans les sépultures du peuple commun » 30 et déposés dans des fosses creusées horizontalement dans la terre ou dans la roche et recouvertes ensuite de terre, sur laquelle était posée une pierre sans aucune inscription. Les tombeaux des riches, comme celui dans lequel Jésus fut déposé, étaient d’un type tout différent, creusés à force de ciseau dans la roche calcaire de Palestine, notamment en Judée, la région la plus montagneuse.
Le sépulcre du Christ consistait, selon les plus anciens historiens, en deux grottes 31. Celles-ci communiquaient entre elles par une petite porte taillée dans le mur massif qui les séparait. Elles n’avaient aucun mur de maçonnerie, mais étaient entièrement creusées à coups de pic dans la roche calcaire d’un escarpement qui rejoignait le Calvaire. Le lieu destiné à recevoir le cadavre n’était pas aménagé en niches ou en alvéoles dans les parois, mais bien en bancs de pierre, l’un d’eux étant encore intact dans la cellule intérieure. ( figure 17-18)

La porte extérieure de ce monument funéraire devait être soit entièrement ronde, soit semi-circulaire, comme le sont encore beaucoup de portes des anciens sépulcres juifs dans la nécropole de Jérusalem. Cette porte était fermée par une lourde pierre de forme circulaire, que les Évangélistes décrivent avec les termes « rouler » pour indiquer que la pierre roulait pour ouvrir et et du terme « rouvrir » pour indiquer que la pierre roulait pour fermer le sépulcre. ( Matt., XXVII, 60 ; Marc., XVI, 3. ) 32)
[ Le lavage du corps du défunt ]
Après avoir fait glisser la pierre le long de son guide pour refermer le tombeau, Joseph et Nicodème déposent vraisemblablement le corps de Jésus sur le banc funéraire de la première cellule et commencent rapidement les préparatifs de l’embaumement, tandis que les femmes, assises en face du tombeau, observent la triste cérémonie. On commence sans doute par laver le corps, car ce rituel était essentiel pour un ensevelissement conforme. Le lavage du corps du défunt était une pratique courante, non seulement chez les Hébreux mais aussi dans le monde gréco-romain. Cependant, dans le cas du Christ, l’opération fut probablement réalisée de manière sommaire, en raison de la hâte et de la difficulté d’obtenir de l’eau en ce moment. Elle fut exécutée principalement pour respecter une prescription légale. 33

La toile du suaire est alors déployée sur le banc funéraire de la seconde cellule, et le Christ y est déposé. Après l’avoir déposé, on le place en position : les bras sont croisés, avec la main gauche sur la droite, contrairement à la coutume juive qui n’exigeait pas cette disposition ; les paupières sont fermées, les cheveux sont arrangés de chaque côté du visage, et le corps est abondamment saupoudré d’aloès et de myrrhe, permettant aux plaies d’être séchées et asséchées.
Il est fort probable que l’aloès et la myrrhe aient été sous forme de poudre, car seule cette forme permettait d’atteindre le but recherché. Il ne fait aucun doute non plus que ces substances aient été appliquées sur le corps et autour de lui. Sur ce point, de nombreux érudits et commentateurs des Évangiles partagent cette opinion. (Braun, Michaelis, Durant et autres) 34
La moitié restante du suaire est ensuite rabattue sur la partie antérieure du corps, les bords latéraux et les extrémités au niveau des pieds étant repliés pour recouvrir le corps de façon symétrique.
Le corps a-t-il été ensuite entouré de bandelettes, comme le mentionne l’Évangile de Jean ? On peut, et même on doit, l’affirmer presque avec certitude. Les bandelettes sont rapidement fixées autour du cou, à la hauteur des flancs, des genoux et des pieds, puis imprégnées d’aromates pour protéger le corps de la corruption.
L’idée de verser les aromates sur le corps n’est pas une hypothèse arbitraire, mais bien une affirmation qui s’appuie sur le texte grec, où l’on utilise l’expression « µετά τῶν ἀρωμάτων » (metà tōn arōmatōn), où « μετά » ne signifie pas « avec » comme dans le latin cum, mais plutôt « parmi, entre ». 35
Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d’environ cent livres de myrrhe et d’aloès. Ils prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de bandes [ὀθονίοις], avec les aromates, comme c’est la coutume d’ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n’avait été mis.… » )) Ce faisant, tout le suaire est imbibé d’aromates et adhère au corps, soit par le poids des plis latéraux, soit par le poids des liquides huileux, de manière plus intime là où le linge épouse les reliefs du corps et plus légèrement dans les parties creuses. Ainsi, les plis de la première couche de la toile sont minimisés, ce qui peut être facilement compris.
C’est précisément ainsi que l’on peut interpréter l’emploi du participe parfait passif du verbe « ἐντυλίσσω » (entulissō) que l’on trouve dans l’Évangile de Jean. 36 Pierre, en effet, voit le suaire encore enroulé, en place, comme s’il contenait encore le corps qu’il avait enveloppé ; il conservait donc la forme qu’il avait prise en épousant les contours du corps. 37
Jean écrit : « Alors, le disciple qui était arrivé le premier au tombeau entra aussi, et il vit et crut. » 38 Il n’avait pas encore compris, précise Cojazzi 39, le sens de l’Écriture selon laquelle le Christ devait ressusciter des morts.
Pourquoi crut-il après avoir vu ?
Parce que la position ordonnée et composée du suaire, qui semblait prendre la forme d’une momie, lui avait fait comprendre que le corps n’avait pas été déplacé. Si le Christ avait été enlevé, les voleurs auraient dû soulever le suaire et le rejeter dans un désordre évident.
L’idée d’un bandage [ fasciatura ] pourrait sembler arbitraire, mais pourquoi alors l’évangéliste Jean mentionne-t-il les bandelettes [ bende ] ? Pourquoi devrions-nous, par interprétation complexe, attribuer aux linteamina 40 (bandelettes) le même sens que sindone (suaire) ? Pourquoi l’évangéliste Jean, le disciple bien-aimé de Jésus et témoin oculaire de toute la Passion, qui se vante d’avoir bonne mémoire, aurait-il utilisé un terme différent pour désigner le linceul habituellement destiné aux corps ?
La tradition nous apprend que Jean a écrit son Évangile après les autres, en supposant que les grandes lignes de la vie du Christ étaient déjà connues, et qu’il avait pour but, poussé par ses disciples 41 , de répéter certains détails que d’autres avaient omis, de compléter et de préciser des éléments non rapportés, et d’omettre certains faits déjà bien connus.
Ainsi, l’hypothèse mentionnée pourrait être rejetée uniquement si nous pouvions répondre de manière définitive à ces questions.
Joseph et Nicodème accomplirent donc, en gros, tout ce qui était nécessaire, avec une abondance de moyens plus qu’avec une minutie rigoureuse, dans le but de respecter pleinement la loi. La sépulture fut en tout point convenable, honorable et définitive, comme il convenait pour le Maître, le Fils de Dieu.
Dans ce cas, que signifient les aromates que les saintes femmes devaient apporter le troisième jour ? Servaient-ils à compléter l’embaumement interrompu par le début du sabbat ?
L’idée d’une suspension est plus ou moins fondée. Tout ce qui était nécessaire pour accomplir le rite ne pouvait en aucun cas être remis à plus tard. Nous avons vu que les Juifs utilisaient en grande quantité des aromates, et en trouver rapidement n’était pas difficile.
De la même manière que la toile de lin, l’aloès et la myrrhe avaient été achetés, les aromates auraient également pu être achetés en même temps. Cette hypothèse est conforme aux Évangiles et ne suppose pas que Joseph et Nicodème, hommes riches et membres influents de la communauté juive, n’aient pas eu des serviteurs pour se charger de ces tâches. En tout cas, le Golgotha n’était pas si éloigné de la ville pour nécessiter beaucoup de temps pour y aller ni de moyens particuliers pour transporter tout le nécessaire : ce n’était ni le Tabor ni le mont des Oliviers !
La tradition rabbinique, explique Braun 8, avait prévu le cas où l’essentiel pour la sépulture d’un condamné manquerait, et la règle prévoyait de remettre au lendemain, car il valait mieux laisser le corps exposé toute la nuit que de l’enterrer sans les honneurs requis. Celui qui recevait le corps d’un condamné devait l’enterrer, comme nous l’avons vu, le jour même et de manière appropriée. Mais dans le cas de Jésus, le lendemain était un jour de sabbat ; il fallait donc procéder à une sépulture rapide mais complète, et le récit de Jean concorde exactement avec celui des synoptiques. Tous deux, implicitement et explicitement, s’accordent non pas pour une simple déposition, mais pour un ensevelissement exécuté rapidement, où rien ne manquait quant à la forme. 42
Ces affirmations ne contredisent pas ce que dit Marc à propos des femmes qui achètent des aromates pour aller embaumer Jésus, ni Luc, qui rapporte qu’elles se rendent au tombeau avec les aromates qu’elles avaient préparés. 43 Elles n’avaient rien fait le vendredi et devaient aussi, à leur manière, exprimer leur affection envers le Maître avec d’autres aromates. On ne peut admettre qu’elles se soient rendues au tombeau pour répéter ce qui avait déjà été fait le vendredi. Elles y allaient pour verser d’autres aromates et surtout des onguents qu’elles avaient préparés, et qu’elles n’avaient ni eu le temps ni la possibilité d’acheter et de préparer pour la sépulture précipitée.
J’ai parlé de « verser » et non d’« oindre », car il est peu probable que des femmes aient voulu découvrir un corps pour le simple acte de l’oindre ! D’ailleurs, le corps était déjà oint par les ingrédients utilisés, par leur nature et leur composition.
Ainsi, oui, elles venaient oindre, mais au sens de verser, tout comme Marie-Madeleine avait déjà fait à Béthanie en brisant le vase d’albâtre contenant le nard : « En répandant ce parfum sur mon corps, elle a fait cela pour me rendre les derniers devoirs. » 44
Cet acte de piété des saintes femmes était donc un complément, sinon strictement nécessaire, du moins estimé comme tel pour honorer le corps de Celui qu’elles aimaient et qu’elles avaient perçu comme n’ayant pas été suffisamment honoré au tombeau, en raison de l’urgence due au sabbat imminent.
C’était le 20 mars, dix-huitième jour de la lune de nisan : au lever de l’aube, le Christ ressuscite, et dans le tombeau ne restent que les misérables restes, les pauvres signes de l’Homme qui était Dieu.
Que firent les Apôtres et les femmes, témoins de la résurrection, de ces signes, de ce qu’ils trouvèrent dans le tombeau ce matin-là, le premier jour de la rédemption ? Personne ne le raconta jamais, et ils gardèrent tous sans doute volontairement le silence sur ce qu’ils découvrirent dans le suaire qui enveloppait le Maître. Expliquer les raisons de ce silence dépasserait mon propos, mais ces raisons sont aisément compréhensibles si nous resituons les faits dans leur contexte historique.
Que firent les disciples de cette précieuse relique ?
Laissons aux historiens la tâche de répondre à ces questions.
[ expériences du Dr. G. Judica Cordiglia ]
Aujourd’hui, près de deux mille ans plus tard, nous voyons ce même tissu, rescapé de mille péripéties, à travers les photographies saisissantes de [Giuseppe] Enrie, qui montrent si bien les empreintes laissées par le Corps du Christ. Je ne m’attarde pas à les décrire, car nous les connaissons tous. À travers elles, apparaît avec une évidence tragique toute la Passion du Christ décrite dans les Évangiles, et là où l’Évangile se tait, la toile complète le récit. Et si, comme je le montrerai, il est possible d’obtenir l’image d’un défunt sur un tissu par des moyens naturels, jamais, j’affirme d’emblée, il ne sera possible de reproduire l’image de cet Homme, car Lui seul pouvait supporter et graver sur un lin toutes les souffrances que nous y voyons : cet Homme ne pouvait être que le Christ.
Cela étant dit, voyons comment il est possible, à partir d’un cadavre placé dans des conditions similaires à celles dans lesquelles se trouvait le Christ, et que j’ai déjà décrites, d’obtenir des empreintes analogues à celles que l’on retrouve sur le Saint Suaire. J’ai mené de nombreuses expériences dans ce but, surtout sur le visage, la partie la plus difficile à reproduire.
J’ai mentionné avoir effectué de nombreuses expériences, car les empreintes, en particulier au début, n’atteignaient pas toujours le résultat escompté. Cela était dû au fait que je ne disposais pas toujours de cadavres dans les meilleures conditions expérimentales ; d’ailleurs, j’ai privilégié des corps féminins dont les cheveux pouvaient être arrangés autour du visage, ce qui empêchait la toile de retomber directement contre les joues et d’élargir ainsi l’image, la rendant déformée. La tête était légèrement soulevée de manière à ce que le menton se trouve au même niveau que la poitrine.
Sur le visage, j’appliquais une poudre composée d’aloès et de myrrhe en proportions à peu près égales, puis je faisais adhérer une toile imbibée d’une solution de térébenthine et d’huile d’olive, dans une proportion de quatre pour la térébenthine et de deux pour l’huile d’olive. ( figure 19-20)

Dès que je remarquais en transparence que l’image commençait à se fixer sur la toile, je la retirais et la mettais à sécher. Une fois la toile sèche, je retirais la poudre résiduelle, et si l’expérience avait réussi, une image négative du visage apparaissait. Cette image, cependant, était fortement colorée et contrastait nettement avec le blanc de la toile, n’étant donc pas encore semblable à celle que l’on observe sur le Saint Suaire.
Je me suis alors souvenu des récits de Lalaing concernant les aventures du Suaire. Lors de l’incendie de Chambéry, l’eau et la vapeur d’eau auraient agi sur le Suaire et auraient pu produire des nuances dans la texture de la Sainte Toile.
Pour reproduire cet effet, j’ai placé mes toiles dans un environnement humide, ou mieux, dans de la vapeur d’eau. Après plusieurs essais répétés, j’ai finalement réussi à obtenir ces dégradés de teinte, qui, bien qu’imparfaits, se rapprochent de ce que je pensais nécessaire pour approcher l’apparence du Saint Suaire. ( figure 21-22)


À ce stade, ayant obtenu des empreintes d’une couleur sépia claire, correspondant à la teinte naturelle de la substance colorante de l’aloès, il restait à expliquer la coloration rougeâtre ou brun-rouille que l’on observe sur le Saint Suaire.
Il convient ici d’ouvrir une parenthèse pour justifier l’utilisation de l’huile de térébenthine mélangée à l’huile d’olive. J’ai eu recours à la térébenthine, d’une part parce qu’un de ses composants, la colophane, a été effectivement retrouvé parmi les substances utilisées pour l’embaumement par les Égyptiens, et d’autre part parce qu’elle est l’une des drogues les plus riches en huile essentielle de térébenthine (jusqu’à 30 %). Cet usage peut être justifié par le fait que l’évangéliste Jean parle d’« aromates », un terme qui recouvre implicitement une variété de substances odorantes mélangées à de l’huile d’olive, parmi lesquelles figurent principalement des huiles essentielles.
Au cours de mes expériences, que j’ai également tentées avec des cadavres portant des traces de sang sur certaines parties et présentant des lésions cutanées sur d’autres, j’ai pu observer que le sang, en combinaison avec le mélange aloès-myrrhe-huile-térébenthine, formait une sorte de pâte qui s’imprimait sur la toile de manière si tenace qu’elle ne pouvait être éliminée par aucun moyen. En présence d’humidité, ou plus exactement de vapeur d’eau, cette pâte se dissolvait légèrement, formant autour de son noyau central un halo diffus.
Ce halo, ressemblant à du sérum, prenait une teinte rose ou violette, rappelant sans doute une des nombreuses réactions chromatiques qui surviennent lorsque certaines substances aromatiques entrent en contact avec le sang.
À partir de ces observations, j’ai émis l’hypothèse que la coloration brun-rougeâtre que l’on voit sur le Suaire pourrait être due à une réaction biochimique du même type que celle utilisée pour détecter les traces de sang : la réaction de Schönbein (Shoer). J’ai bien dit « pourrait », car, malgré mes recherches, je n’ai jamais pu obtenir un cadavre dans les conditions idéales pour vérifier cette hypothèse – c’est-à-dire un corps fraîchement décédé, portant des lésions sur l’ensemble du corps, disponible pendant au moins 36 heures, qui aurait permis de corroborer expérimentalement cette idée.
D’un autre côté, si l’on peut obtenir une image par contact direct sur une peau intacte, il est également probable qu’un contact direct sur une peau blessée, imprégnée de sang, de sérum ou même d’eau mêlée de sang, comme le montre le corps que nous voyons sur le Suaire, pourrait provoquer, même de façon faible, une réaction biochimique semblable à celle de Schönbein. Sans entrer dans des détails complexes de biochimie, que chacun peut consulter ailleurs, je dirai simplement que la réaction de Schönbein repose sur le fait que certaines substances, appelées leucobases, prennent une teinte caractéristique par oxydation en présence d’une peroxydase.
Ainsi, si l’on place de l’aloïne (principale substance colorante de l’aloès) en présence d’un vecteur d’oxygène et d’une solution de sang diluée, une coloration rouge apparaît. Dans le cas du Suaire, entre le lin imprégné d’aromates (riches en substances auto-oxydables avides d’oxygène) et le corps du Christ imbibé de sang ou de sérum, même en faible quantité, l’on pourrait imaginer qu’une réaction biochimique comme celle de Schönbein se soit produite, donnant lieu à une coloration rougeâtre de la toile.
Cette coloration, quoique aujourd’hui très pâle, n’a probablement pas été très prononcée dès le départ, car elle n’a pas eu lieu comme en éprouvette, c’est-à-dire entre de l’aloïne pure et du sang, mais entre une substance complexe comme l’aloès et le sang lui-même.
Nombreuses sont les observations que l’on pourrait faire à propos des résultats et de cette hypothèse, mais le temps ne permet pas de les détailler, tout comme on pourrait soulever de nombreuses objections, toutes légitimes, lorsqu’il s’agit d’étudier un objet aussi fascinant du point de vue religieux et historique à une si grande distance dans le temps. Dans ce domaine, on ne peut se permettre d’être catégorique dans ses affirmations ; il faut être prêt à abandonner ses propres convictions dès lors que d’autres propositions plus convaincantes et satisfaisantes sont formulées. Le but que nous poursuivons est si élevé que toute ambition personnelle doit s’effacer, et toute recherche de prestige doit être mise de côté.
Je conclus donc, sur la base de ce que mes expériences de reproduction par contact direct m’ont permis d’observer sur une image de cadavre, une image certes différente de celle que nous voyons sur le Saint Suaire, mais néanmoins obtenue par des moyens naturels.
Et si cela est vrai, il est tout aussi vrai que cette affirmation ne diminue en rien, mais au contraire renforce la conviction que le Suaire est bien le linceul qui a enveloppé le Christ. En effet, outre le fait de reproduire avec une exactitude et une perfection remarquables la Passion sanglante du Christ, le Suaire nous ramène aux modalités précises de sa sépulture et confirme brillamment la prophétie de l’Incorruptibilité de son Corps.
Avec la même certitude, même si elle reste personnelle, je peux enfin affirmer avec une âme sereine que tout porte à croire que les empreintes que nous voyons sur le Saint Suaire sont bien celles du sang du Christ : du sang, certes, modifié par des réactions chimiques ou d’autres facteurs, mais du sang quand même – du sang comme celui qu’il répand depuis deux millénaires, chaque jour, pour faire resplendir toujours plus cette autre empreinte, que la science ne pourra jamais expliquer, celle du Christ vivant sur la Terre : son Église.
(*) Récemment, le professeur Judica Cordiglia a exposé plus en détail sa pensée et ses expériences dans un ouvrage déjà cité. 45 Dans ce livre, il présente également ses récentes recherches anthropométriques sur le Saint Suaire ainsi que d’autres détails médico-légaux d’un grand intérêt. Cependant, le problème de la genèse des empreintes, sujet de la communication de l’auteur au Congrès, n’y a pas subi de développements différents ou contradictoires par rapport à cette communication. (Note de l’éditeur L.I.C.E.)
Ouvrages consultés
- CASTIGLIONI, Storia della Medicina, Milan, 1936.
- CALMET, La storia dell’Antico e Nuovo Testamento, Venise, 1783.
- COJAZZI, Il Nuovo Testamento, vol. II-III, Turin, 1880.
- STRAUSS, La Vita di Gesù, Milan, 1863.
- VAGANAY, L’Évangile de Pierre, Paris, 1930.
- SCHOER, Arch. pharm., 1900, p. 238.
- ROSSEL SCHWEIZ, Wochenschrift Chem. Pharm., 1901, p. 757.
- ENRIE, La Santa Sindone rivelata dalla fotografia, Turin, 1939.
- NOGUIER, La Santa Sindone di Torino, Turin, 1930.
- BARBET, Les Cinq Plaies du Christ, Paris, 2e éd., 1932.
- TRENCH, Note sui miracoli del N.S., Florence, 1879.
- BONGHI, La Vita di Gesù, Florence, 1911.
- JANVIER, La Passion, Paris, 1931.
- ROSADI, Il Processo di Gesù, Florence, 1933.
- HYNEK, La Passione di Cristo, Milan, 1937.
- LACEY, Il Cristo storico, Turin, 1923.
- ZOARA, Le reliquie della Passione, Trente, 1933.
- COHEN, Il Talmud, Bari, 1933.
- RENAN, Vita di Gesù, Milan, 1929.
- TAPPEINER, Materia Medica, Turin, 1915.
- DE DOMINICIS, Giornale di Medicina Legale, 1904.
- Matthieu, XVIII, 59 [↩]
- Deutéronome, XXV ; Josué, X, 26 [↩]
- Mauriac, la Vita di Gesù, Mondadori, 1937 [↩]
- Digeste, XLVIII, 24 ; Suétone, Auguste, XIII ; Ulpien, 48-24 et suivants.[↩]
- Winer, I, p. 802. [↩]
- Toletus, Commentaire sur l’Évangile de Jean, chapitre XIX, p. 284, Rome, 1590.[↩]
- Toletus, ibid. [↩]
- Braun, La sépulture de Jésus, Paris, 1937 [↩][↩]
- Toledus, Ibid. [↩]
- Di Colo, L’ Imbals. Um, page 40, Milano, 1910 [↩]
- Genèse, 50, 2-3[↩]
- Chroniques, 16 – 14 [↩]
- Actes des Apôtres, 9 – 37 [↩]
- Acte, V, 6-10 ; Josué, ii-39[↩]
- Sales, La Sainte Bible – Nouveau Testament, vol. I, p. 404, Turin.[↩]
- Jean, XI, I, 54[↩]
- Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, XVII, chapitre X ; Guerre des Juifs, I, fin.[↩]
- Vignon, Le Saint Suaire, Paris, 1902 [↩]
- MATTIOLI, Dei Discorsi ee., Veneza, 1568 [↩]
- Note du traducteur : Mesué aussi connu sous le nom de Yuhanna ibn Masawaih ou Jean Mésué l’Ancien, mort vers 857 était un médecin et pharmacologue chrétien nestorien actif dans le monde arabe médiéval. Il est considéré comme l’un des pionniers de la médecine arabe et de la pharmacologie. Il a rédigé des traités médicaux importants, notamment De Medicinis laxativis, dans lesquels il décrit divers remèdes naturels. Mesué a influencé la médecine médiévale en Occident grâce à ses travaux traduits en latin.[↩]
- Note du traducteur : Avicenne ou Ibn Sina( 980-1037) médecin, philosophe et savant perse célèbre pour Le Canon de la médecine (Al-Qanun fi al-Tibb), regroupant une grande quantité de connaissances médicales de l’époque, notamment sur les plantes médicinales, influençant alors le monde islamique et l’Europe médiévale. Dans ses écrits, il attribue à l’aloès des propriétés conservatrices et antiputrides, en particulier lorsqu’il est utilisé avec d’autres substances comme la myrrhe.[↩]
- Jean, 19, 40 / N.d.T. : erreur dans l’édition qui confond XVI et XIX [↩]
- Rois, III, 33.[↩]
- Cultrera, Flore biblique, Palerme, 1861.[↩]
- Benedenti, Malades, Médecins, etc., vol. I, p. 74, Milan, 1925.[↩]
- Exode, XXX, XXII.[↩]
- Matthieu, 27, 60 [↩]
- Isaïe, 53-9[↩]
- Becker, Caractères, vol. II, p. 190.[↩]
- Jérémie, XXVI, 23[↩]
- Saint Jérôme, Eusèbe, Saint Antonin, etc. ; Cipriano da Treviso, Du Tombeau du Christ, 1870.[↩]
- cf. Mathieu, XXVII, 59-60 : » καὶ λαβὼν τὸ σῶμα ὁ Ἰωσὴφ ἐνετύλιξεν αὐτὸ ἐν σινδόνι καθαρᾷ, καὶ ἔθηκεν αὐτὸ ἐν τῷ καινῷ αὐτοῦ μνημείῳ, ὃ ἐλατόμησεν ἐν τῇ πέτρᾳ· καὶ προσκυλίσας λίθον μέγαν τῇ θύρᾳ τοῦ μνημείου, ἀπῆλθεν » pour » Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul blanc, et le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre, et il s’en alla. »
et
Marc, XVI, 1-4 : » Καὶ διαγενομένου τοῦ σαββάτου Μαρία ἡ Μαγδαληνὴ καὶ Μαρία ἡ τοῦ Ἰακώβου καὶ Σαλώμη ἠγόρασαν ἀρώματα ἵνα ἐλθοῦσαι ἀλείψωσιν αὐτόν. καὶ λίαν πρωῒ τῇ μιᾷ τῶν σαββάτων ἔρχονται ἐπὶ τὸ μνῆμα, ἀνατείλαντος τοῦ ἡλίου. καὶ ἔλεγον πρὸς ἑαυτάς Τίς ἀποκυλίσει ἡμῖν τὸν λίθον ἐκ τῆς θύρας τοῦ μνημείου; καὶ ἀναβλέψασαι θεωροῦσιν ὅτι ἀνακεκύλισται ὁ λίθος· ἦν γὰρ μέγας σφόδρα. » pour » Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever. Elles disaient entre elles: Qui nous roulera la pierre loin de l’entrée du sépulcre? Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée. » ( Louis Second [↩] - Actes des Apôtres), IX, 87 ; Shabb. (Livre de Shabbat), 151 ; Braun, ibid., p. 74 ; Lucien de Samosate, De Luctu (Sur le Deuil), XI ; Cab. mist. teolog. ebr. (Cabala mystica theologica hebraica), p. 136 ; Cod. ecc. ebr. (Codex ecclesiasticus hebraicus), Trattato dei morti (Traité des morts).[↩]
- Braun, ibid., Marco Sales ; Michaelis, Begr. Und. ecc., X-CXIII ; Camus, Vita di Cristo, vol. III.[↩]
- N.d.T. Il semble qu’il s’agit d’une analyse autour de Jean, 19-39 à 41 : « ἦλθεν δὲ καὶ Νικόδημος, ὁ ἐλθὼν πρὸς αὐτὸν νυκτὸς τὸ πρῶτον, φέρων μίγμα σμύρνης καὶ ἀλόης ὡς λίτρας ἑκατόν. ἔλαβον οὖν τὸ σῶμα τοῦ Ἰησοῦ καὶ ἔδησαν αὐτὸ ὀθονίοις μετὰ τῶν ἀρωμάτων, καθὼς ἔθος ἐστὶν τοῖς Ἰουδαίοις ἐνταφιάζειν. ἦν δὲ ἐν τῷ τόπῳ ὅπου ἐσταυρώθη κῆπος, καὶ ἐν τῷ κήπῳ μνημεῖον καινόν, ἐν ᾧ οὐδέπω οὐδεὶς ἦν τεθειμένος· » [↩]
- N.d.T. cf . Jean 20 , 6-7 « ἔρχεται οὖν καὶ Σίμων Πέτρος ἀκολουθῶν αὐτῷ, καὶ εἰσῆλθεν εἰς τὸ μνημεῖον· καὶ θεωρεῖ τὰ ὀθόνια κείμενα, καὶ τὸ σουδάριον, ὃ ἦν ἐπὶ τῆς κεφαλῆς αὐτοῦ, οὐ μετὰ τῶν ὀθονίων κείμενον ἀλλὰ χωρὶς ἐντετυλιγμένον εἰς ἕνα τόπον. » soit » Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part. [↩]
- N.d.T : On peut s’interroger sur l’interprétation de Judica Cordiglia qui interprète le verbe grec ἐντυλίσσω (entulissō) en suggérant que le suaire conserverait la forme corporelle de Jésus, ce qui interroge car le lin est un tissu très fin, limité pour conservé les formes. En réalité, le participe parfait passif ἐντετυλιγμένον indique peut être simplement que le linge est soit enroulé ou soit plié et placé à part, sans évoquer nécessairement une forme particulière liée au corps. [↩]
- Jean 20 – 8 [↩]
- Antonio Cojazzi (1880-1953) était un prêtre italien de la congrégation des Salésiens de Don Bosco, reconnu pour son engagement dans l’éducation et la littérature religieuse. Il a enseigné la philosophie au lycée Valsalice pendant 40 ans et en a été le directeur de 1920 à 1933. Auteur prolifique, il a rédigé des manuels scolaires, des ouvrages de formation pour la jeunesse et des biographies de figures chrétiennes, telles que « Don Bosco » (1920) et « Domenico Savio: un ragazzo che sapeva volare » (1950). Son travail a eu une influence notable sur la culture catholique italienne du XXe siècle.[↩]
- Il s’agit du pluriel du mot latin linteamen, qui désigne des linges ou des bandelettes de lin [↩]
- il a existé une importante communauté autour de Jean visiblement [↩]
- Siphrè, Dt. XXIII, 221 N.d.T. : cela renvoie au Sifré est un recueil de midrash halakhique (exégèse juridique juive) portant sur les livres bibliques de Nombres et Deutéronome. Il est attribué aux Tannaïm (sages de la Mishna, 1er-2e siècle de l’ère commune) et fait partie de la littérature rabbinique ancienne. Deutéronome 23:22 : « Lorsque tu feras un vœu à l’Éternel, ton Dieu, tu ne tarderas point à l’accomplir, car l’Éternel, ton Dieu, t’en demanderait compte, et tu te chargerais d’un péché. »[↩]
- N.d.T. Évangile de Marc 16:1 : « Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller embaumer Jésus. » // Évangile de Luc 24:1 : « Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu’elles avaient préparés. »[↩]
- Matthieu, XXVI, 12. // N.d.T. Judica Cordiglia pourrait attribuer cette démarche à Marie Magdeleine sans que ce soit nécessaire. En réalité, Marie Madeleine est de Magdalena en Gallilée, bien plus au nord de Jérusalem que ne l’est Béthanie. Les versets de l’Évangile de Jean qui mentionnent Marthe, Marie, et Lazare de Béthanie sont les suivants : Jean 11:1-3, Jean 11:5, Jean 11:17-27, Jean 11:28-37, Jean 11:38-44, Jean 12:1-3, et Jean 12:4-8.[↩]
- notre édition est de 1950, donc il s’agit peut être de Judica Cordiglia, G. (1941). L’uomo della Sindone è il Cristo? Ghirlanda.[↩]