Récit de l’ostension de 1842 ( Arte Sacra – 1898 )
Silvio Pellico
1842

Arte Sacra ( 1898 ) – Editeurs Roux Frassati – Turin – p 20
L’Exposition de la Très Sainte Sindone en 1842
La prochaine ostension de la Très Sainte Sindone, que la pastorale de Mgr Richelmy a annoncée pour la moitié du mois de mai, m’a rappelé le passage suivant d’une lettre de Silvio Pellico écrite le 4 mai 1842 à son ami le père Raimondo Fenudi, dominicain, à propos de l’exposition de la Sainte Sindone survenue à cette époque :
« J’ai dû être au lit, malade, et cela m’a causé un sacrifice de ne pouvoir aller voir l’exposition de la Très Sainte Sindone. J’en ai toutefois bénéficié : étant allé dîner chez la marquise, dans une maison de la Piazza Castello, à l’angle de la rue Doragrossa, et ensuite directement au balcon du palazzo Madama, de ce côté.
L’ostension fut d’abord faite depuis ce balcon, puis depuis ceux des autres côtés. À chacun de ces lieux, on restait dix minutes.
La sainte relique fut portée en procession à la chapelle du Saint Suaire, dans le palais Madame, et, après avoir été montrée depuis ces quatre balcons, elle demeura exposée dans la salle, où l’on se rend pour vénérer tous les Corps saints. Une nouvelle ostension sera faite depuis les balcons à quatre heures. »
« L’air est un peu nuageux, mais sans pluie, et parfois des rayons de soleil percent. Le concours est immense, et certainement la curiosité n’y est pour rien : la dévotion y est entière. Combien en vérité cette relique est vénérable ! On ne peut la regarder sans un profond bouleversement. »
« À son retour, en février dernier, le comte Paolo Capello de San Franco, procureur général de la Cassation au repos, écrivait lui-même ainsi :
“Outre le monastère, il est probable que moi seul, parmi les superstitieux de la suprême magistrature turinoise, ai eu l’insigne privilège, en qualité de substitut avocat des pauvres, de jouir de l’invitation directe du Palais Sénatorial à assister en ce matin mémorable à la procession de la très sainte relique Madame, jugée digne d’avoir à jamais, indélébilement, imprimée dans son très saint linceul cette Sainte Tête, mais d’avoir aussi été divinement baignée et distinguée par le sang même et les traces du Corps, que le double faveur a toujours conservées et conservera toujours comme la plus précieuse de mes réminiscences spirituelles.” »