
Le professeur Ruggero Romanese, directeur de l’Institut de médecine légale et des assurances de l’Université de Turin, a fait une grande série d’expériences pour la reproduction du Saint Suaire en recherchant diverses possibilités mais aussi en perfectionnant de fait la théorie originelle de la théorie vapographique de Paul Vignon au sujet de l’origine de l’empreinte.
Parcours et formation :
Formation et Compétences

Ruggero Romanese, né à Pergine le 17 juin 1886, est une figure de la médecine légale italienne du début du XXe siècle. Diplômé en médecine et chirurgie en 1910 à l’Université de Turin, il présente sa thèse à l’Académie Royale de Médecine. Il poursuit sa formation en médecine légale à Berlin, maîtrisant l’allemand. En 1911, il devient assistant en médecine légale à Turin, auprès de Mario Carrara.

Il enseigne ensuite dans plusieurs universités, dont Cagliari, Parme et Turin, où il prend en 1933 la direction de l’Institut de Médecine Légale et du Musée d’Anthropologie Criminelle Cesare Lombroso, qu’il dirige jusqu’en 1961. Avec Carrara, Giorgio Canuto et Camillo Tove, il co-écrit un traité en trois volumes sur la médecine légale (UTET, 1937-1940), une référence en Italie. En 1962, il est nommé professeur émérite. Professeur émérite, Ruggero Romanese mourut le 16 mai 1969 ce qui pourrait expliquer l’implication de Giorgio Frache évoluant dans la même spécialité dans la même université et participant aux commissions Pellegrino du 16 au 18 juin 1969
Contribution au Saint Suaire de Turin
Echantillon de fils :
Ruggero Romanese aurait été en mesure d’étudier les fils récupérés lors de la restauration menée en 1868 par la princesse Marie Clotilde de Savoie. ( cf. Bracaglia, 2019 ). Ces échantillons de fils ont ensuite été transmis à Ruggero Romanese qui avait pu les étudier au microscope dès 1935 selon une correspondance étudié par Giorgio Bracaglia dans les archives de la Holy Shroud Guild. ( Bracaglia, G. (2019).)
Formation de l’Empreinte
Ruggero Romanese est également connu pour ses études expérimentales sur le Saint Suaire, qu’il présente en mai 1939 lors du Congrès des Cultores Sanctae Sindonis à Turin. Son travail, intitulé Contribution expérimentale à l’étude de la genèse des empreintes du Saint Suaire, explore la possibilité de reproduire les empreintes corporelles visibles sur le Suaire en utilisant des méthodes similaires à celles supposées au cours de l’Antiquité. Dans ses recherches, Romanese travaille avec des mélanges d’aloès et de myrrhe appliqués sur des toiles, en étudiant très précisément et très méthodologiquement comment l’humidité et le contact direct peuvent influencer la formation d’empreintes.
- Fig. 23 – Aloès et myrrhe en parts égales, pulvérisés sur le visage du cadavre. Superposition d’une toile humidifiée, temps de contact : 30 heures.
- Fig. 24 – Aloès et myrrhe en parts égales, pulvérisés sur la toile. Masque en plâtre humidifié. Temps de contact : 30 heures.
- Fig. 25 – Aloès et myrrhe en parts égales, pulvérisés sur la toile. Cadavre humidifié par pulvérisation avec une solution physiologique. Temps de contact : 16 heures.
- Fig. 26 – Aloès et myrrhe en parts égales, pulvérisés sur la toile. Cadavre humidifié par pulvérisation avec une solution physiologique. Temps de contact : 13 heures.
- Fig. 27 – Aloès et myrrhe en parts égales, pulvérisés sur la toile. Cadavre humidifié par pulvérisation avec une solution physiologique. Temps de contact : 5 heures.
Romanese mène une série d’expérimentations rigoureuses pour tester la capacité d’imprégnation des toiles traitées avec des mélanges naturels. Il utilise des masques de gypse et des cadavres pour reproduire les contours d’un visage humain sur la toile, analysant notamment l’humidité requise pour une impression nette et durable. Son approche se distingue par sa recherche d’une simplicité technique, considérant qu’à l’époque supposée du Saint Suaire, les procédés devaient rester rudimentaires pour permettre la formation de telles empreintes.
En observant le négatif photographique de l’un des résultats expérimentaux obtenus par Romanese, on peut observer que l’image reproduit une grande quantité de détails avec une variation colorimétrique un peu trop faible et concentrée en vastes zones uniformes.
Référence :
- Carrara, M., Canuto, G., Tove, C., & Romanese, R. (1937-1940). Trattato di medicina legale (Vols. 1-3). Turin, UTET.
- Romanese, R. ( 1939) Contributo sperimentale allo studio della genesi delle impronte della S. Sindone. in La Santa Sindone nelle Ricerche Moderne
- Mattutino, G., & Tognoli, R. V. (2019). Da Pergine a Torino, un grande Maestro della Medicina Legale. Ruggero Romanese, un trentino illustre. Valsugana e Tesino.
- Bracaglia, G. (2019). Uncovering the paradox within the archives of the Holy Shroud Guild




