Samuel Guichenon

Samuel Guichenon, né le 18 août 1607 à Mâcon et mort le 8 septembre 1664, est avocat, historien et généalogiste. Il devient l’un des principaux historiens de la Maison de Savoie au XVIIe siècle.

Il se présente lui-même comme « conseiller et historiographe du Roy & de S. A. R. de Savoye ». Il est également chevalier du Saint-Empire, comte palatin et chevalier de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare. 1

Une œuvre fondée sur les documents

Après son Histoire de Bresse et de Bugey en 1650, Guichenon publie à Lyon en 1660 son œuvre majeure :

Histoire généalogique de la royale maison de Savoye, justifiée par titres, fondations de monastères, manuscripts, anciens monuments, histoires & autres preuves autentiques.

Guichenon et le Saint Suaire

Le Saint Suaire trouve naturellement sa place dans l’histoire dynastique retracée par Guichenon, qui évoque son entrée dans le patrimoine de la Maison de Savoie. 1

Guichenon né 75 ans après l’incendie de Chambéry de 1532. Concernant le saint suaire son intérêt est avant tout documentaire et historiographique : historiographe de la Maison de Savoie, il travaille à partir de titres, manuscrits, monuments et documents anciens, dont il indique fréquemment l’origine. Cette rigueur a été soulignée par Henri Hauser, qui conclut : « Les textes de Guichenon sont établis avec soin. » 2

Son témoignage doit donc être considéré comme une source historique secondaire fondée sur une documentation plus ancienne, dont la valeur s’apprécie notamment par confrontation avec les témoignages et documents des XVIe et du début du XVIIe siècle.

relation intellectuelle et documentaire directe entre François Capré et Samuel Guichenon

Ces sources permettent d’établir une relation intellectuelle et documentaire directe entre François Capré et Samuel Guichenon, et pas seulement une proximité de milieu. François Capré et Samuel Guichenon entretenaient des relations suivies de travail et de correspondance. Une correspondance conservée pour les années 1651–1657 concerne directement la préparation du Catalogue des chevaliers de l’Annonciade de Capré (1654). Capré y utilise explicitement l’Histoire de Bresse de Guichenon comme source. Une lettre datée du 30 décembre 1659 atteste encore leurs échanges quelques années plus tard. Les deux hommes appartiennent donc à un même réseau historiographique savoyard, fondé sur l’échange de documents, de références et d’informations historiques. 3

Références — ordre chronologique

  • Guichenon, S. (1650). Histoire de Bresse et de Bugey : Contenant ce qui s’y est passé de mémorable… jusques à l’eschange du marquisat de Saluces. J.-A. Huguetan & M.-A. Ravaud.
  • Guichenon, S. (1660). Histoire généalogique de la royale maison de Savoye, justifiée par titres, fondations de monastères, manuscripts, anciens monuments, histoires & autres preuves autentiques. Guillaume Barbier.
  • Costa de Beauregard, P. (1863). Communications sur Samuel Guichenon, ses relations avec François Capré, et sur le projet de mariage entre Louis XIV et la princesse Marguerite-Yolande de Savoie. Dans Mémoires de l’Académie impériale de Savoie, 2e série, t. V. Étude spécifiquement consacrée aux relations Capré–Guichenon.
  • Costa de Beauregard, P. (1863). Recherches sur le livre anonyme, ouvrage inédit de Guichenon. Mémoires de l’Académie impériale de Savoie, 2e série, 5, 59–104.Replace Capré et Guichenon dans le même réseau historiographique savoyard.
  • Hauser, H. (1906). 172. Guichenon (Samuel), Histoire généalogique de la royale maison de Savoie. Dans Les sources de l’histoire de France – Seizième siècle (1494–1610). I. Les premières guerres d’Italie. Charles VIII et Louis XII (1494–1515) (pp. 83–84). A. Picard et fils.
  • Biver, A. (1922). Communication sur une correspondance inédite entre Capré et Guichenon de 1651 à 1657 à propos du Catalogue des chevaliers de l’Annonciade. Mémoires et Documents, 60, 26–27. Probablement la référence secondaire la plus directement probante pour établir leur collaboration.
  • Bibliothèque nationale de France. (2018). Signature de Monsieur Samuel Guichenon, historien (Bibliothèque intercommunale d’Épinal, Collection d’autographes anciens, 1 ARC 467). Catalogue collectif de France.
  • Bibliothèque nationale de France. (2026). Samuel Guichenon (1607–1664) – Toutes ses œuvres. Data BnF.
— Notes —
  1. Guichenon, 1660.[↩][↩]
  2. Hauser, 1906.[↩]
  3. Le point le plus fort est la correspondance inédite de 1651 à 1657 signalée par André Biver : elle porte précisément sur le Catalogue des chevaliers de l’Annonciade de Capré, publié en 1654. La notice Sabaudia confirme les dates, le sujet et les deux protagonistes.

    Cette collaboration laisse aussi une trace dans l’ouvrage même de Capré : son Catalogue des chevaliers de l’Ordre du Collier de Savoye indique qu’il est « justifié » notamment par l’Histoire de Bresse de Monsieur Guichenon. Autrement dit, Capré utilise explicitement Guichenon comme source historique.

    Le dossier est renforcé par Pantaléon Costa de Beauregard. Son étude de 1863 sur les relations entre Guichenon et Capré s’appuie sur leur correspondance et traite également des travaux historiques et politiques de leur temps. Une autre étude du même volume, consacrée à un ouvrage inédit de Guichenon, classe ensemble Capré, Guichenon, le père Monod et Christine de France dans le même contexte historiographique savoyard.

    Enfin, une source indépendante du XIXe siècle apporte un détail particulièrement révélateur : Paul Allut cite une lettre de François Capré à Guichenon datée du 30 décembre 1659, conservée dans la correspondance manuscrite de Guichenon à la Bibliothèque de l’Institut. Cela montre que leurs échanges se poursuivent au-delà de 1657.[↩]

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