Stefano Vigna

 » Très sainte effigie de Notre Seigneur Jésus-Christ telle qu’elle est dans le vénérable Suaire de Turin – Stefano Vigna 1931

Stefano Vigna (1884–1979), sculpteur turinois et érudit catholique, appartient à cette génération de figures secondaires mais structurantes qui ont contribué, dans l’ombre, à la consolidation institutionnelle, iconographique et doctrinale de la sindonologie au XXᵉ siècle.


1. Contexte biographique et intellectuel

Stefano Vigna naît en 1884 à Occhieppo Superiore et s’installe durablement à Turin, où il exerce comme sculpteur tout en s’intégrant aux milieux catholiques érudits intéressés par la Sindone. Il meurt en 1979, après plus de vingt ans d’implication dans les cercles syndicaux turinois liés au Saint Suaire.

Vigna n’est ni médecin, ni historien de formation : son approche est essentiellement artistique, dévotionnelle et interprétative, ce qui le place dans une position intermédiaire entre la piété visuelle et le discours savant.


2. Visage exposé au Palazzo Madama, Turin, 1931.

Il expose une effigie sindonique du visage de Jésus pour l’exposition au Palazzo Madama de Turin de 1931, de la collection des oeuvres autour du Suaire par Umberto de Savoie, que le prince a promue à l’occasion de son mariage, entre 1930 et 1931. 1

Stefano Vigna a produit également l’autel de

3. Participation au Congrès de Turin de 1939 :

Les deux sculpteurs Stefano Vigna et Lorrenzo Ferri exposent leurs recherches et leurs oeuvres au premier congrès de Turin en 1939. 2

 » M. Stefano Vigna, de Turin, et M. Lorenzo Ferri, de Rome.

Ces deux sculpteurs italiens distingués présentent des travaux artistiques intéressants qui s’inspirent du Saint Visage tiré de la Sindone. Comme on le sait, d’autres artistes avaient déjà tenté de traduire en un idéal artistique la beauté surhumaine qui se dégage de la Sindone révélée par la photographie ; dans l’ouvrage déjà cité d’Enrie, on peut voir les reproductions des peintures de Sœur Celina Martin et de Brunner, de Trente ; dans l’ouvrage, également cité, de [ Pierre ] Barbet, on peut voir la reproduction d’un grand Crucifix en marbre, sculpté par Villandre d’après la Sindone.

Vigna présente un bas-relief en marbre, très fin et suggestif (fig. 73) ; Ferri présente plusieurs travaux très intéressants et indique avoir mené de nombreuses tentatives en tenant compte tant des données sindonologiques que de l’étude physiognomonique qu’il a lui-même conduite dans la colonie juive de Benghazi (fig. 74) ; ses études l’ont conduit à reconnaître divers caractères nettement hébraïques dans la physionomie du Saint Visage tel qu’il nous est présenté par la Sindone ; caractères qui, naturellement, tendent à documenter toujours davantage l’authenticité de la Sindone elle-même, puisqu’il est bien connu que les caractères physiognomoniques sont en définitive, pour la plus grande part, des caractères ostéologiques, le visage étant essentiellement dominé par le squelette, qui n’est ici que légèrement recouvert de parties molles ; et c’est là l’une des raisons pour lesquelles, même récemment, dans les études anthropologiques, une grande importance a été accordée à la physiognomonie, laquelle a même fait l’objet d’études particulières de la part d’un auteur italien, Gioacchino Sera, de l’Université de Naples.  » 3

4. Participation à la revue Sindon et au milieu turinois

Vigna est associé à la fondation et à la diffusion de la revue Sindon, organe scientifique et culturel de la sindonologie italienne. Cette revue est portée par des figures centrales comme Giovanni Judica-Cordiglia, Giovanni Donna d’Oldenigo ou encore Mgr Adolfo Barberis.

Effigie du Saint Visage de 1939 – Publiée dans la revue Sindone – 1960 n° 2.


Stefano Vigna publie une étude sur les proportions anatomiques de l’homme du Saint Suaire dans le numéro 2 de la revue Sindone : 4

— Notes —
  1. source :

    Ministero della Cultura. (2018). Visage du Christ – Stefano Vigna (1931). Catalogo Generale dei Beni Culturali.
    https://catalogo.cultura.gov.it/detail/HistoricOrArtisticProperty/0100404882
    Arnaldi, C. (1998). La collezione della Sindone e la Cappella Reale. Racconigi : Castello di Racconigi. [↩]

  2. Collectif. (1939). La Santa Sindone nelle ricerche moderne. Primo Convegno Internazionale di Studio. Torino, Italie : L.I.C.E. p 213 [↩]
  3. Gioacchino Leo Séra (1878–1960) fut un anthropologue et professeur d’anthropologie culturelle qui, au début du XXᵉ siècle, développa une pensée vitaliste influencée par Nietzsche et Stendhal, centrée sur des thèses valorisant l’aristocratie, la supériorité physique, l’individualisme et la figure de « l’homme supérieur » dans la civilisation européenne. Dans son ouvrage Vitalismo: Sulle tracce della vita [ Vitalisme : Sur les traces de la vie ] (1907), il identifie notamment l’aristocratie, la supériorité physique et la répugnance au travail comme traits distinctifs de ce type d’individus, et expose des idées sur le rôle du loisir, des pulsions et de la culture dans l’évolution humaine. Ses écrits s’inscrivent dans un courant de pensée vitaliste qui a parfois été critiqué pour ses implications en matière d’élitisme culturel et de valorisation de classes sociales dominantes.[↩]
  4. Vigna, S. (1960). Il « Canone proporzionale » artistico nell’uomo della Sindone. [ Le « canon proportionnel » artistique dans l’homme du suaire ] Sindon, (2), mars 1960. [↩]

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