Sue Benford (1958-2009) était une chercheuse américaine connue pour son implication dans les débats sur le Saint Suaire de Turin, une relique vénérée par de nombreux chrétiens comme le linceul ayant enveloppé le corps de Jésus-Christ après sa crucifixion.
Avec son collègue et partenaire Joseph Marino, elle a proposé une hypothèse controversée pour expliquer les résultats des tests de datation au carbone réalisés en 1988, qui situent le suaire au Moyen Âge (entre 1260 et 1390).
Contributions de Sue Benford
- Critique des résultats de la datation au carbone de 1988
En 1988, des fragments du tissu du Suaire furent analysés par trois laboratoires (Oxford, Zurich et Tucson), concluant que le Suaire datait du XIIIᵉ ou XIVᵉ siècle, et non du 1ᵉʳ siècle. Benford, avec Marino, remit en question ces résultats pour des raisons méthodologiques.
Hypothèse de la contamination par des réparations médiévales :
Benford et Marino avancèrent que les échantillons utilisés pour la datation provenaient d’une partie du Suaire qui avait été réparée au Moyen Âge après des dégâts causés par un incendie.
Ils suggérèrent que ces réparations incluaient des ajouts de fil moderne, rendant les résultats de la datation biaisés.
Cette hypothèse est souvent appelée « théorie de la réparation invisible ».
- Analyse des fibres textiles
En collaboration avec le microscopiste Ray Rogers, un scientifique ayant travaillé sur le Suaire dans le cadre de l’étude STURP (Shroud of Turin Research Project), Benford et Marino présentèrent des preuves physiques à l’appui de leur hypothèse :
Rogers examina des fragments microscopiques de la zone prélevée pour la datation et trouva des fibres teintes et différentes de celles du reste du Suaire.
Il conclut que la zone analysée contenait des fils mélangés datant d’époques différentes, corroborant l’idée de Benford et Marino.
- Arguments théoriques
Benford et Marino suggérèrent que l’incendie de Chambéry en 1532, qui endommagea le Suaire, aurait nécessité des réparations. Ces réparations, selon eux, auraient inclus une technique médiévale de tissage invisible (ou reweaving), compliquant l’authenticité des échantillons utilisés pour la datation.
Références :
- BENFORD, M. Sue, R.N., M.A. – Negativity and the Shroud [1997]
- BENFORD, M. Sue and MARINO, Joseph G. – « Finding the Shroud in the 21st Century » [December 2001]
- BENFORD, M. Sue and MARINO, Joseph G. – « Textile Evidence Supports Skewed Radiocarbon Date of Shroud of Turin. »
- BENFORD, M. Sue and MARINO, Joseph G. – « Historical Support of a 16th Century Restoration in the Shroud C-14 Sample Area. »
- BENFORD, M. Sue and MARINO, Joseph G. – « New Historical Evidence Explaining the ‘Invisible Patch’ in the 1988 C-14 Sample Area of the Turin Shroud » [September 2005] (From the 3rd International Dallas Conference)
- BENFORD, M. Sue and MARINO, Joseph G. – Role of calcium carbonate in fibre discoloration on the Shroud of Turin – Chemistry Today, vol 26 n 2, [March-April 2008] [10 June 2019]
- BENFORD, M. Sue and MARINO, Joseph G. – Discrepancies in the radiocarbon dating area of the Turin shroud – Chemistry Today, vol 26 n 4, [July-August 2008]