
La « théorie de l’empreinte » est un cadre théorique en sindonologie qui cherche à expliquer la formation de l’image du Suaire de Turin en termes de processus physiques naturels ou artificiels.
Certaines zones du corps de Jésus semblent avoir été mises en contact avec le tissu du Saint Suaire tandis que d’autres zones, pourtant jaunies, ne pouvaient être en contact.
Ce domaine d’étude repose sur l’observation de phénomènes spécifiques qui caractérisent l’image, notamment sa couleur, sa nature chimique, sa superficialité, ses détails tridimensionnels, la présence de sang, la présence (discutée) de pigments ou de peintures.
Ces caractéristiques distinctes sont fondamentales pour développer des hypothèses sur les mécanismes de formation de l’image, qu’ils soient biologiques, chimiques ou radiatifs.
Phénomènes Observés Nécessitant une Explication
- Effet Tridimensionnel : La répartition de l’intensité de l’image semble correspondre à la distance entre le corps et le tissu, indiquant une relation entre le processus de formation et les contours du corps. Ce phénomène a été analysé au début du siècle par Paul Vignon faisant émerger la théorie vapographique. Ce phénomène est inhabituel pour une image bidimensionnelle, et suggère que le processus de formation a capturé des informations de profondeur. Les analyses par l’analyseur d’images VP 8 ont confirmé ces caractéristiques de tridimensionnalité qui posent question dans la théorie de l’empreinte.
- Superficialité de l’Image : Depuis les observations du STURP en 1978, il a été documenté que l’image du Suaire se limite à la surface des fibres de lin et ne pénètre pas en profondeur, suggérant un processus qui affecte uniquement les couches externes. Cela exclut l’application de substances liquides ou de pigments qui s’infiltreraient généralement dans les fibres. Le phénomène est aussi décrit comme un phénomène d’absence de capillarité qui pose question.
- Présence de Pigments : Les analyses chimiques notamment celles menées par Adler et Heller dans le cadre du STURP en 1978 ont conclu que les tâches de sang était effectivement du sang humain et qu’il n’y avait aucune trace de peinture ou de colorant. Pourtant, Walter Mc Crone avait détecté d’infimes quantités de pigments entraînant une importante polémique. La présence de sang comme d’infimes quantités de pigments a été ultérieurement confirmée par un nouvel examen des échantillons du STURP ( 1978 ) et de Giovanni Riggi (1988) par Giluio Fanti et Giuseppe Zagotto en 2017. 1
Domaines Théoriques à Explorer
( propositions de travail )
1. Théorie du contact corporel et Des Vapeurs.
Cette hypothèse propose que l’image pourrait être due à des émanations chimiques, telles que des vapeurs corporelles, combinées à des composés organiques présents sur le tissu. Ce modèle suggère que des réactions chimiques entre des vapeurs ammoniacales, issues du corps en décomposition, et des aldéhydes dans le lin auraient pu créer une empreinte durable.
Voir Hypothèse de la vapographie ammoniacale
Les travaux de Samuel Pellicori ont mis en évidence le phénomène de dégradation de la cellulose déjà proposé par Jean Vockringer.
Voir Samuel Pellicori et Jean Vockringer.
C’était la théorie dominante au début du siècle, explorée notamment par Arthur Loth, Paul Vignon, René Colson ou encore reprise ou développée par Mg Arthur Barnes, Antoine Legrand, Père Paul de Gail, Luigi Fossati, et Jean Volckringer . Ces propositions ont été continuellement remises en question durant la deuxième moitié du XX ° siècle. Le phénomène d’absence de capillarité observée en 1978 par le STURP pose en effet question.
2. Théorie du Rayonnement Ultraviolet
Suite aux observations et examens physiques, chimiques et biologiques du STURP en 1978, cette théorie avance l’idée qu’une impulsion de rayonnement UV de haute intensité pourrait avoir provoqué une décoloration superficielle des fibres. Les chercheurs explorent cette piste en raison des similitudes entre les effets d’ultraviolets concentrés et la coloration observée sur le Suaire. Cette hypothèse repose sur des études expérimentales démontrant la capacité des UV à altérer la surface d’un lin.
Voir Hypothèse du Rayonnement Ultraviolet.
Ces chercheurs ont exploré ou soutenu la théorie du rayonnement ultraviolet : John P. Jackson, Eric J. Jumper William R. Ercoline Giulio Fanti et Marco Moroni Paolo Di Lazzaro
3. Théorie du Rayonnement Thermique Infrarouge
L’approche thermique suggère que la chaleur émise par un rayonnement infrarouge pourrait avoir causé une brûlure superficielle sur le lin. Cette hypothèse s’appuie sur des expériences montrant que les infrarouges peuvent induire des décolorations superficielles semblables à celles du Suaire. Elle est souvent mise en avant comme une alternative aux théories plus conventionnelles en raison de la capacité des IR à affecter la couche extérieure du tissu sans endommager les fibres internes.
Voir : Hypothèse du Rayonnement Infrarouge
Ces chercheurs ont exploré ou soutenu la théorie du rayonnement ultraviolet : Geoffroy Ashe, Vittorio Pesce Delfino.
Conclusion
La théorie de l’empreinte offre ainsi un cadre de référence pour explorer les origines de l’image sur le Suaire de Turin.
En distinguant les processus potentiellement responsables, cette approche permet de formuler des hypothèses spécifiques, que ce soit par des réactions chimiques, des rayonnements UV, ou des sources thermiques IR.
Les articles présentent les données principales sur ces trois théories, chacune visant à expliquer les phénomènes observés à travers des mécanismes différents, contribuant à la compréhension d’un des plus grands mystères de la sindonologie.
— Notes —- Fanti, G., & Zagotto, G. (2017). Blood reinforced by pigments in the reddish stains of the Turin Shroud. Journal of Cultural Heritage, 25, 113-120[↩]