Turin – IV bis
Copie de Madame la comtesse De Ponverre de Ternier,
née Gay de Montariolo.
1650

Dimensions
- longueur du tissu : 4,50 m
- largeur du tissu : 0,95 m
- figure frontale : 2,10 m
- figure dorsale : 2,08 m
P. VIGNON 1902 le linceul du christ – P154
M. le comte Ernest Gay de Montriolo possède une copie, de la grandeur de l’original, peinte sur toile en 1650 (1). Cette copie provient des comtes Salpone qui ont exercé des charges dans la maison civile des souverains. C’est une aquarelle assez sommaire. On y remarque cependant le nez et les yeux, nettement reproduits en négatif. La plaie de la main est dans le poignet et les blessures des pieds, sur l’image antérieure, sont dans les chevilles.
(…)Voici donc deux copies sur lesquelles les blessures faites par les clous des pieds sont presque dans les chevilles. Evidemment les auteurs de ces copies placent les clous un peu trop haut : la plaque de M. Pia reproduit l’image face jusqu’à la cheville inclusivement (Voyez ma figure 8); cependant elle ne descend pas encore assez bas pour rencontrer les traces des clous. Néanmoins nous devons croire que ces traces, sur le dos des pieds, ne se trouvaient pas à la place traditionnelle, c’est-à-dire dans la région des métatarsiens. Nous savons déjà que, sous les pieds, les caillots les plus étendus se voient dans le talon même. En combinant cette observation avec les renseignements que nous fournissent les deux copistes italiens, nous pouvons admettre que les clous avaient pénétré dans le pied, en s’engageant entre les os du tarse tout près de leur jonction avec les métatarsiens. Les plaies des pieds, sur l’image face, se trouveraient donc dans une région homologue à celle où nous rencontrons, sur les photographies de M. Pia, la plaie de la main gauche. Aussitôt qu’il sera possible d’examiner le Saint-Suaire on tranchera définitivement cette question.
M. le chevalier Pia a eu l’obligeance de photographier ce document à mon intention. Je suis heureux de remercier M. le comte de Montriolo d’avoir bien voulu autoriser cette reproduction.
Une copie de la Sainte-Suaire datée de 1650
Gino Moretto
1993
Pendant l’Exposition Générale Italienne de 1898, à l’occasion de laquelle fut réalisée la première photographie de la Sainte-Suaire par l’avocat Secondo Pia, il fut exposé, dans l’un des pavillons de l’Exposition d’Art Sacré, au-dessus de la vitrine XXIX, comme l’indiquait le Catalogo Generale – Arte Sacra ( Roux Frassati, 1898, p 172 ) correspondant, un « fac-similé de la Très-Sainte Suaire tiré de l’original en 1650, appartenant à Madame la comtesse De Ponverre de Ternier, née Gay de Montariolo, Turin ».

De cette copie, également mentionnée par Vignon 2 , on ne sut plus rien jusqu’au mois de mai 1992, lorsque, grâce aux recherches diligentes du salésien don Giuseppe Terzuolo ( il est l’auteur d’un ouvrage en 2015 Sindone le belle trace ( Linceul, les belles traces ) avec son collègue Raffaele Palma )), l’actuelle propriétaire en fut retrouvée : la comtesse Camilla Roggeri Mermet Gay di Quarti.
De cette reproduction, très bien conservée, on lit ce qui suit dans un manuscrit daté du 8 février 1888 :
Illustrissime Seigneur Comte, en vous restituant la copie de la Sainte-Suaire, j’ai l’honneur de vous faire savoir qu’elle fut exécutée en 1650, au mois de décembre, lorsque l’ostension eut lieu à l’occasion du mariage de la princesse Henriette-Adélaïde, sœur du duc Charles-Emmanuel II, avec le fils de l’Électeur de Bavière. [ Ferdinand-Marie de Bavière ]
La Sainte-Suaire fut alors exposée solennellement par l’archevêque de Turin, et de cette exposition subsistent de nombreux souvenirs ; elle fut également exposée en privé à deux reprises, ce dont il est fait mémoire dans la pergamene cousue au bas de votre Suaire. Vous trouverez ci-jointe la transcription de cette pergamene. Il n’en ressort pas pour qui la reproduction fut exécutée, mais je douterais qu’elle ait été faite en faveur du grand chancelier, comte …, qui fut … de la princesse à ladite occasion.
Avec la plus distinguée considération, j’ai l’honneur de me dire de vous, Illustrissime Seigneur Comte, votre dévoué serviteur.
(signature illisible)
Secrétaire du Centre International de Sindonologie de Turin.
Texte de la pergamene
Aujourd’hui, le 9 décembre 1650, vendredi, à Turin.
À l’occasion où Son Altesse Royale Charles-Emmanuel a montré le Très-Saint Suaire à l’envoyé de Bavière [ Ferdinand-Marie de Bavière] venu épouser la princesse de Savoie, sœur dudit seigneur duc, le présent Très-Saint Suaire fut exposé en original deux fois : la première par les mains du chanoine Aghemo, puis immédiatement une seconde fois par les mains du prévôt, seigneur confesseur de Monsieur le marquis d’A. Moya.
Le passage de propriété de cette copie de la Suaire à la famille Gay est documenté par la lettre suivante de mars 1867 :
Illustrissime Comtesse, ma très estimée cousine,
C’est avec une véritable satisfaction que je vous offre la parfaite image du Très-Saint Suaire vénéré à Turin, dans la ferme espérance que vous l’accueillerez non seulement comme un souvenir de moi, mais aussi comme celui de la famille Berta, à laquelle il appartenait, et d’où naît le lien de parenté entre les familles Gay de Montariolo et Sobrero della Costa.
Ayez-moi aujourd’hui et toujours pour votre très affectionné cousin,
Vittorio Della Costa
Turin, le 6 mars 1867.
Comme on le voit, il s’agit de l’histoire partielle de l’une des nombreuses copies de la Suaire qui prospéraient autrefois et témoignaient de la grande vénération dont était l’objet le linge sacré.
Dimensions
- longueur du tissu : 4,50 m
- largeur du tissu : 0,95 m
- figure frontale : 2,10 m
- figure dorsale : 2,08 m
Dans la partie centrale inférieure figure l’inscription :
AB ORIGINALI NUPER ABSTRACTUM TAURINI ANNO DOMINI 1650
Cette copie est très semblable à celle en possession de la comtesse Alessandra Lovera di Maria, exécutée en 1643, dont nous reproduisons une photographie pour une comparaison aisée.
( il n’y a pas de photographie de cette copie de 1643 )
Notes
- Catalogue d’Art Sacré – Ancien – Moderne – Appliqué, Roux Frassati & C., Turin, 1898.
- P. Vignon, Le Linceul du Christ – Étude scientifique, Paris, 1902, p. 159.
- Sindon, Nouvelle Série, Quaderno n. 3, décembre 1991, p. 33 (n° 12 du 1er inventaire).
Gino Moretto
1993
1997 – Fossati : L. Fossati ( 1997) Elenco in Ordine cronologico delle Copie che Riportano la Data Scrita sulla Telle, Collegamento pro Sindone, 1997, novembre-dicembre, p 23
1650 – Propriété de la comtesse Camilla Roggeri Mermet Gay di Quarti
L’inscription de cette copie, longue de 4,50 m et large de 0,95 m, est quelque peu insolite :
AB ORIGINALI NUPER ABSTRACTUM TAURINI ANNO DOMINI 1650.
Cette copie fut exposée en 1898 à l’Exposition d’Art Sacré et fut photographiée par Pia pour Paul Vignon (19). 3
D’une lettre du Nonce datée du 11 mai 1650, nous apprenons que, lors de la fête de la Sainte-Suaire, cette Sainte Relique ne fut montrée ni publiquement ni en privé, parce que Son Altesse fut ce jour-là victime d’un accident qui l’obligea à garder le lit, étant encore malade de la rougeole, et que la Sérénissime princesse Marguerite, sa sœur, souffrait d’une fièvre aiguë (20).
Toutefois, les Cérémoniaux de Cour rappellent qu’à la fin de l’année (9 décembre) eut lieu une ostension privée pour l’ambassadeur de Bavière.
La confirmation de cette information est fournie par une pergamene cousue à la toile, qui est ici reproduite :
Aujourd’hui, le 9 décembre 1650, vendredi, à Turin.
À l’occasion où Son Altesse Royale Charles-Emmanuel a montré le Très-Saint Suaire à l’envoyé de Bavière venu épouser la princesse de Savoie, sœur dudit seigneur duc, le présent Très-Saint Suaire fut exposé en original deux fois :
la première par les mains du chanoine Aghemo, puis immédiatement une seconde fois par les mains du prévôt, seigneur confesseur de Monsieur le marquis A. Moya (21).
Références :
Roux Frassati & C. (1898). Catalogue d’Art Sacré : ancien, moderne, appliqué. Turin. p 172
Vignon, P. (1902). Le Linceul du Christ : étude scientifique (p. 159). Paris.
Sindon. (1991, décembre). Nouvelle Série (Quaderno n° 3, p. 33, n° 12 du 1er inventaire). Turin.
— Notes —- l’image est de mauvaise qualité [↩]
- P. Vignon, Le Linceul du Christ – Étude scientifique, Paris, 1902, p. 159.[↩]
- cf 19) Cfr. Fossati ( 1994 ) – La ripresa della fotografia della sacra Sindone durante l’Ostensione del 1898, Collegamento pro Sindone, settembre–ottobre 1994, pp. 22–23. et P. Vignon, Le Linceul du Christ – Étude scientifique, Paris, 1902, p. 159. [↩]