
Walter Cox McCrone (1916-2002) était un chimiste américain et un expert renommé en microscopie. Bien que sa carrière ait couvert un large éventail de disciplines scientifiques, il est principalement connu pour ses recherches controversées sur le Suaire de Turin, la Carte du Vinland, et pour ses contributions à la science médico-légale.
Parcours :
Après avoir obtenu un doctorat en chimie organique à l’Université Cornell, McCrone a travaillé comme scientifique des matériaux avant de devenir consultant indépendant en 1956. Il a fondé McCrone Associates, une société spécialisée en analyse chimique, et le McCrone Research Institute, dédié à l’enseignement et la recherche en microscopie.

Mc Crone possédait de grandes compétences en microscopie en lumière polarisée, même s’il n’était ni physicien ni ingénieur de formation. Son ouvrage « Particle Atlas: An encyclopedia of techniques for small particle identification » ( 1 ° édition 1967, 2 ° édition 1973) était une référence majeure dans ce domaine, compilant des microphotographies et des analyses détaillées de diverses particules notamment observées sous lumière polarisée.
compétences en microscopie en lumière polarisée.
Walter C. McCrone, souvent considéré comme le « père de la microscopie moderne », a largement utilisé la microscopie à lumière polarisée dans ses recherches. Il a appliqué cette technique pour analyser des échantillons variés, notamment dans le domaine de la science médico-légale. Par exemple, McCrone a utilisé la microscopie à lumière polarisée pour examiner des fibres, des pigments et d’autres particules microscopiques, contribuant ainsi à des enquêtes criminelles et à l’authentification d’œuvres d’art.

Pionnier dans l’application du microscope en chimie, il a également publié plus des centaines d’articles et de nombreux livres de références :
En 2000, Walter Mc Crone a reçu le prix national de chimie analytique de l’American Chemical Society.
Controverse sur l’analyse chimique du Saint Suaire.
Walter McCrone, qui a été brièvement membre du STURP (de 1977 à 1979, voire 1980 ) , a analysé des échantillons du Suaire et conclu que les taches rouges n’étaient pas du sang, mais des pigments de peinture, notamment de l’ocre rouge ( hématite ou oxyde de Fer (III)) et du vermillon ( . Selon McCrone, le sang sur le Suaire serait en réalité de l’ocre rouge et du vermillon utilisés dans de la gélatine. Il affirmait que l’ocre rouge était présent en quantité infime sur 20 des bandes analysées, tandis que le vermillon n’était détecté que sur 11 bandes prélevées des empreintes de sang
Analyse critique et réfutation des thèses de Walter Mc Crone :
Par la suite, John Heller et Alan Adler, membres du STURP, ont publié des études évaluées par des pairs concluant que les taches étaient bien du sang humain, mais aussi que les conclusions scientifiques de Mc Crone sur la présence de pigments et de gélatine étaient infondées. Ils avaient mis en cause les biais du dispositif d’observation introduits par les propriétés optiques ( bi-réfringentes ) du film en Mylar (PET) utilisé pour les prélèvements de particules chimiques, faussant ainsi le dispositif d’analyse utilisé par Walter Mc Crone en 1973.
–> cf . Polémique Mc Crone – STURP ; Mylar (PET) ; bi-réfringence
Absence de réponses aux Critiques :
Malgré cela, Walter McCrone a persisté dans son opinion selon laquelle l’image du Suaire était peinte par de l’oxyde de fer(III) et du sulfure de mercure (III), bien que d’autres membres du STURP aient réfuté cette idée, affirmant que les analyses n’avaient pas détecté de pigments en quantité suffisante pour expliquer les aspects visuels notamment pour les taches de sang.
McCrone a quitté le STURP en juin 1980, affirmant avoir été « éliminé » en raison de critiques internes, bien que Heller ( 1983 ) ait précisé que c’était sa décision après avoir été selon lui « insulté » par l’équipe du STURP qui remettait en question son traitement des données et ses interprétations scientifiques de celles-ci.
Les démarches de Walter C. McCrone ont été notamment de publier son étude microscopique du Suaire de Turin de 1981 dans la revue dont il dirigeait l’édition puis de la publier à nouveau dans deux autres revues :
- The Microscope est une revue fondée et publiée par le McCrone Research Institute, organisme lui-même dirigé par Walter C. McCrone. Bien qu’elle soit dédiée à la microscopie appliquée, ses liens avec le McCrone Research Institute et son statut de publication interne posent des questions quant à son indépendance et à la rigueur de son processus de révision. La revue n’a pas de comité de lecture externe formel qui pourrait offrir une évaluation indépendante des travaux publiés, ce qui limite sa reconnaissance dans le domaine scientifique large de la chimie analytique et de la détection de particules.
- première réédition en 1987/1988 dans Wiener Berichte über Naturwissenschaft in der Kunst une publication autrichienne qui explore les intersections entre les sciences naturelles et les arts, souvent en lien avec l’analyse et la conservation des œuvres d’art. Bien qu’elle couvre des sujets multidisciplinaires, son comité scientifique n’est pas spécifiquement dédié aux disciplines de la chimie analytique ni de la détection de particules.
- première réédition dans l’ACS Analytical Chemistry Division Newsletter, une publication de la division de chimie analytique de l’American Chemical Society (ACS), mais cette lettre d’informations n’est pas une revue scientifique avec comité de lecture, mais un bulletin d’information. Son objectif principal est de diffuser des nouvelles, des rapports, et des actualités concernant les membres de la division, ainsi que des résumés de recherches, d’événements, et de tendances dans le domaine de la chimie analytique. Contrairement aux revues scientifiques classiques, elle ne suit pas un processus de révision par les pairs rigoureux et indépendant.
En conclusion, les travaux de Walter C. McCrone sur le Suaire de Turin n’ont été publiés dans aucune revue disposant d’un comité de lecture exerçant un esprit critique rigoureux et consultant les publications du STURP avec les compétences spécifiques en chimie analytique et en détection de particules nécessaires pour une évaluation scientifique impartiale et approfondie.
Présence d’oxyde de fer (III) sur le Suaire :
Cela dit, des quantités infimes d’oxyde de fer (III) ont été observés dans différentes zones du Suaire hors des zones tachées de sang par les membres de l’équipe du STURP. Ces traces infimes d’oxyde de fer (III) se distinguent donc de la présence de traces de fer sur l’ensemble du Suaire due à la préparation du lin pour le tissage ( cf John Heller 1983 ) comme de celle la présence plus quantitative de fer due à la présence d’hémoglobine qui contient l’élément Fer selon notamment Adler et Heller.
Cette présence de quantités infimes d’oxyde de fer (III) sur l’ensemble de la surface du Suaire pose question.
Examens des pollens de Max Frei.
En 1973 et 1978, le criminologue suisse Max Frei a prélevé des échantillons de poussière sur le Suaire de Turin à l’aide de rubans adhésifs, identifiant 49 espèces de pollens, dont certaines spécifiques au Moyen-Orient, suggérant une origine géographique du Suaire dans cette région.
Cependant, ces conclusions ont été remises en question par le microscopiste américain Walter McCrone. En 1988, opérant avec le groupe ASSIST, McCrone a examiné les échantillons de Frei et a constaté une faible densité de grains de pollen, environ un ou deux par centimètre carré, ce qui, selon lui, était insuffisant pour soutenir les affirmations de Frei.
De plus, McCrone a soulevé des doutes sur la méthodologie de Frei, suggérant que certains pollens identifiés pourraient avoir été introduits par contamination ou manipulation, plutôt que d’être des preuves authentiques de l’histoire du Suaire.
voir Assist et Paul Maloney
Les critiques de Mc Crone ont été à nouveau soumises à une contre-expertise, notamment par les époux Whangler et Avinoam Danin, le botaniste israélien.
Bibliographie :
- McCrone, W. C. assisté de Draftz, R.G. , Delly, J.G. (1967). The Particle Atlas: A photomicrographic reference for the particule identification. Ann Arbor Science Publishers.
- McCrone, W. C. (1973). Particle Atlas: An encyclopedia of techniques for small particle identification. Ann Arbor Science Publishers.
- McCrone, W. C. (1980a). Lightmicroscopical study of the Turin ‘Shroud’ I. The Microscope, 28, 105–114.
- McCrone, W. C. (1980b). The Shroud of Turin: Blood or Artist’s Pigment? The Microscope, 28(3), 115–128.
- McCrone, W. C. (1981a). INTER/MICRO-81. The Microscope, 29, 169.
- McCrone, W. C. (1981b). Microscopical Study of the Turin Shroud III. The Microscope, 29(1), 19–38.
- Heller, J. H. (1983). Report on the Shroud of Turin. Houghton Mifflin.
- McCrone, W. C. (1987/88). Microscopical Study of the Turin ‘Shroud’. Wiener Berichte über Naturwissenschaft in der Kunst, 4/5, 50–61.
- McCrone, W. C. (1989). Microscopical Study of the Turin ‘Shroud’. ACS Analytical Chemistry Division Newsletter, 19–24.
- Maloney, P. C. (1989, Décembre). The Current Status of Pollen Research and Prospect for the Future. ASSIST Newsletter, 2.
- Maloney, P. C. (1990, Juin). The Current Status of Pollen Research and Prospect for the Future. ASSIST Newsletter, 23 [ article très important ]
- McCrone, W. C. (1990a). Judgment Day for the Shroud of Turin. Chicago: McCrone Research Institute.
- McCrone, W. C. (1990b). The Shroud of Turin: Blood or Artist’s Pigment? Accounts of Chemical Research, 23(3), 77–83.
- McCrone, W. C. (1995). Authentication of Art Objects: Shroud of Turin. Microbeam Analysis, Proceedings Annual Conference of Microbeam Analysis Society, 29th, 17–18.
- McCrone, W. C. (1996). Judgment Day for the Turin Shroud. Microscope Publications.
- McCrone, W. C. (1997a). Red Ochre and Vermilion on Shroud Tapes? Approfondimento Sindone, 1, 23–28.
- McCrone, W. C. (1997b). The Shroud, a Negative Image. Approfondimento Sindone, 2, 17–19.
- McCrone, W. C. (1997c). Update on the Turin Shroud. Micro-notes 2000, 1(1), 23–25.
- McCrone, W. C. (2000). The Shroud Image. The Microscope, 48(2), 79–85.