
Willy Wölfli, physicien nucléaire suisse, a dirigé l’analyse des échantillons prélevés sur le Saint Suaire en avril 1988 pour le compte du Laboratoire de Physique Nucléaire de l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich.
En tant que scientifique, Willy Wölfli a été une figure pionnière dans le développement de la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS). Il a contribué de manière significative aux avancées scientifiques dans plusieurs domaines, notamment l’archéologie, la géologie, la médecine et les sciences de l’environnement.
Formation et Début de Carrière :
Issu d’un contexte marqué par les crises des années 1930 et 1940, Wölfli a commencé par un apprentissage comme électricien en haute fréquence avant d’étudier la physique à l’école d’ingénieurs de Bienne, puis à l’ETH Zurich. Influencé par des figures emblématiques comme Wolfgang Pauli et Paul Scherrer, il a mené ses premières recherches sur le réacteur nucléaire expérimental Saphir, construit en Suisse dans le cadre du programme « Atoms for Peace ».
Carrière Académique et Recherches :
En 1967, Wölfli a rejoint le Département de mathématiques et de physique de l’ETH Zurich. Au début des années 1970, il a initié un programme de recherche sur la spectroscopie à rayons X induite par des protons (PIXE). Ses travaux ont permis de détecter de nouvelles lignes de rayons X rares, en particulier dans le cadre des études sur les éléments traces. Wölfli a ensuite participé au développement de l’AMS, contribuant à la transformation des accélérateurs en instruments de détection de grande précision pour des isotopes comme le carbone-14.
Contributions à la Datation et Collaborations Internationales :
Wölfli a été l’un des premiers à utiliser l’AMS pour la datation de petites quantités d’échantillons avec une grande précision. Ses recherches ont été appliquées à des sujets historiques tels que le Suaire de Turin, les manuscrits de la mer Morte et l’éruption du volcan de Santorin. Ses travaux lui ont permis de collaborer avec de nombreux scientifiques de renommée internationale, consolidant ainsi l’AMS comme une méthode de référence pour la datation au radiocarbone.
Retraite et Héritage :
Wölfli a pris sa retraite de l’ETH Zurich à 60 ans, laissant derrière lui un laboratoire AMS bien établi et réputé pour sa précision exceptionnelle. Bien qu’il se soit éloigné des tâches administratives, il a continué à inspirer ses collègues par ses idées novatrices et son engagement pour la recherche scientifique.
Références :
- Synal, H.-A., Beer, J., & Suter, M. (2021). Willy Wölfli (1930–2014): A Nuclear Physicist with Pioneering Visions. Radiocarbon, 64(3), 451-453. doi:10.1017/RDC.2021.33
- Bonani, G., et al. (1987). Fractionation, precision and accuracy in 14C and 13C measurements. Nuclear Instruments and Methods B, 29(1–2), 87–90.